Impôts locaux : hausse au profit de qui ?

19 Mai 2021

D’après l’Association des maires de France (AMF), plus d’un tiers des communes risquent d’augmenter leurs impôts en 2021, contre 7 % en 2020.

Cela concernera principalement la taxe foncière payée par les propriétaires de leur habitation. Dans certaines villes, ces hausses pourraient même atteindre 10 %.

Avec le Covid, les communes ont dû faire face à de nouvelles dépenses : masques, gel hydroalcoolique, vaccination, aides aux travailleurs ayant perdu leur emploi, jeunes dans la misère, etc. Dans le même temps, les communes ont vu leurs rentrées baisser fortement. Ainsi, après le premier confinement, l’AMF a estimé ces baisses à plus de deux milliards d’euros et, d’après l’un de ses responsables, elles « n’ont pas été complètement compensées par l’État ».

Les difficultés budgétaires de certaines communes s’expliquent aussi par la suppression de la taxe d’habitation. Comme d’habitude, l’État avait promis la main sur le cœur qu’il compenserait au centime près le manque à gagner pour les municipalités. Et comme d’habitude il ne l’a pas fait.

Face à cela, certaines municipalités augmentent les impôts locaux, ou bien suppriment des postes et bloquent les salaires des employés communaux. D’autres baissent les investissements dans les écoles, les crèches, le logement social, ou alors s’endettent encore plus auprès des banques… quand elles n’appliquent pas toutes ces mesures à la fois ! Mais toutes aboutissent au même résultat : faire payer la population. Et c’est ainsi que, pour que l’État puisse payer des Rafale à Dassault et des musées à Pinault, une petite mairie peut avoir à choisir entre supprimer des emplois de dames de cantines et augmenter les impôts locaux.

A. L.