Travailler dans le secteur de la santé

11 Mai 2021

Au début de la pandémie, l’entreprise SDG Pharma prenait au moins une précaution : la prise de température à l’entrée de l’usine. Mais, pour des raisons financières (!), cette pratique a été abandonnée.

Pour le reste, sous prétexte que SGD travaille dans le secteur de la santé, l’usine a tourné au maximum des possibilités, alors que les gestes barrières sont bien compliqués à appliquer, par exemple entassés à plusieurs dans les petites cabines climatisées qui servent à se protéger de la chaleur. Plusieurs dizaines de travailleurs ont été contaminés à l’usine et les cas se sont multipliés. À la fin du mois d’avril, un des travailleurs du service stockage des produits finis est décédé du Covid et, sur une vingtaine de caristes de ce service, sept ont été testés positifs.

Dans certains secteurs de l’usine, le gel hydroalcoolique est introuvable et il faut faire de longs détours pour s’en procurer. Chaque jour, des ouvriers doivent récupérer leurs masques dans une boîte de cinquante, à tour de rôle. Des ouvriers qui avaient des symptômes ont dû faire des pieds et des mains pour se faire tester à l’infirmerie de l’usine et attendre le résultat de leur test PCR, parfois positif, pour se faire arrêter. Entre-temps, ils ont continué à travailler au milieu de leurs collègues, jusqu’à deux jours d’affilée.

Depuis un an, pratiquement aucune mesure préventive d’isolement n’a été prise pour les cas contacts. Des salariés, inquiets d’avoir côtoyé de près pendant longtemps un collègue positif, se sont entendu répondre : « Vous êtes censés porter des masques et manger à distance les uns des autres, donc il n’y a pas possibilité d’être cas contact. » Quelques-uns se sont avérés par la suite eux-mêmes positifs.

Après un an de pandémie, la démonstration est faite qu’en matière de santé, SGD s’occupe avant tout de celle… de ses profits.

Correspondant LO