RATP : cabale et manipulation disciplinaire

11 Mai 2021

Lundi 10 mai le conseil de discipline de la RATP a émis un avis de révocation à l’encontre d’Ahmed, conducteur de bus et militant CGT au dépôt de Flandres. Durant plus de cinq heures, les directeurs qui y siègent ont auditionné Ahmed, l’accusant de harcèlement moral envers un chef.

Cette comédie se déroule alors qu’un problème de harcèlement sexuel est posé par une conductrice de bus. Cette dernière a informé Ahmed, qui est référent harcèlement dans le cadre de ses fonctions d’élu du CSE, qu’elle avait déposé une main courante à la police contre ce même chef, soi-disant harcelé par Ahmed.

Que la direction en soit à prendre le parti d’un chef visé par une telle accusation pour se débarrasser d’un militant en dit long. Lors du rassemblement de soutien à Ahmed ce sont encore une fois plusieurs femmes qui ont tenu à témoigner de son engagement contre des pratiques rétrogrades, couvertes et étouffées par la hiérarchie. Car la réalité est tout autre que les belles déclarations de la RATP avec son slogan « harcèlement sexuel tolérance zéro ».

Ahmed était déjà passé en conseil de discipline pour un prétendu blocage de la sortie des bus durant la grève sur les retraites, et pour un contrôle de l’état des bus. Il avait écopé à chaque fois de lourdes mises à pied sans salaire. Cela n’a pas arrêté ce militant, qui a continué à prendre le parti des travailleurs contre les attaques de la direction. Celle-ci ne le supporte pas, encore moins dans une période où son objectif est d’imposer la hausse du temps de travail dans les bus d’abord, puis la filialisation dans le cadre de l’ouverture à la concurrence. Elle s’attaque donc à tous les militants et aux travailleurs combatifs, et elle avait d’ailleurs commencé, avec la demande de révocation d’Alex El Gamal, militant CGT au dépôt de Vitry.

Lors du rassemblement de soutien, de nombreux syndicalistes ont pris la parole, cheminots, salariés de Monoprix, enseignants, ainsi que notre camarade Nathalie Arthaud. Elle a réaffirmé son soutien à Ahmed ainsi que sa solidarité avec les militants CGT agressés lors de la manifestation du 1er mai. Elle a aussi dénoncé les illusions que les dirigeants syndicaux propagent dans leurs rangs : « Ce n’est pas la police, ce ne sont pas les tribunaux bourgeois, qui nous défendront des attaques. C’est nous, ensemble, par notre mobilisation et notre conscience de classe. » De même elle a affirmé qu’il est illusoire de prétendre arrêter l’offensive de la bourgeoisie par le « dialogue social », alors que le patronat n’est prêt à « négocier » que des reculs. Les applaudissements d’une partie de l’assemblée ont montré que bien des militants se retrouvent dans l’idée de renouer avec les traditions de lutte de classe qui ont fait la force du mouvement ouvrier.

La décision officielle de licenciement sera prise par le directeur de département. Il y a là une étape supplémentaire dans la répression des travailleurs et des militants à la RATP. Ceux-ci n’ont d’autre choix que de se défendre avec toute leur force collective face à cette direction rétrograde et violente. Le combat contre la révocation d’Ahmed continue.

Correspondant LO