“Plus jamais ça” : changer le système, mais comment ?

11 Mai 2021

La CGT, Greenpeace, Attac, et une vingtaine d’autres organisations, réunies dans le collectif Plus jamais ça, ont publié le 7 mai un texte intitulé Pas d’emplois sur une planète morte, avec une série de propositions censées répondre aux « urgences sociales et environnementales ».

On retrouve dans ce texte toutes les vieilles lunes de la gauche réformiste, comme la revendication d’une taxe sur les transactions financières, l’exigence d’une lutte plus sévère contre l’évasion fiscale… La démarche de ses rédacteurs se résume à exiger du gouvernement qu’il prenne de « bonnes » mesures et qu’il encourage la création d’emplois considérés comme étant « d’utilité sociale et écologique », notamment en versant des subventions.

Ce collectif Plus jamais ça propose donc en fait de poursuivre la politique menée depuis des années par tous les gouvernements, consistant à verser au patronat des aides de toute forme et sous toute sorte de prétextes, que ce soit l’emploi ou la préservation du climat. Les entreprises empochent les aides publiques, sans rendre de comptes sur leur utilisation, sans que cela les ait jamais empêchées de licencier ou de polluer. Il est complètement illusoire d’attendre d’États totalement au service du grand patronat qu’ils lui imposent quoi que ce soit.

Pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre, les auteurs de ce texte préconisent une réduction des échanges mondiaux, en relocalisant des industries. C’est poursuivre l’illusion que le renforcement des frontières pourrait protéger les emplois des travailleurs et améliorer le climat. Le Pen ne dit pas autre chose ! Pour faire bonne mesure, le texte évoque aussi la nécessité de mettre en œuvre une « planification écologique ». Mais quel sens peut bien avoir ce mot, sans remise en cause du pouvoir des capitalistes sur l’économie, sans même évoquer sa nécessité ?

Une véritable planification à l’échelle internationale est nécessaire, non seulement pour l’écologie, mais pour en finir avec toutes les aberrations du fonctionnement économique actuel. Elle n’est possible que si les travailleurs imposent leur contrôle sur tous les rouages de l’économie, en expropriant les capitalistes. C’est une fois débarrassée de la course au profit imposée par une minorité que l’humanité pourra produire en fonction des besoins de tous et en tenant compte des capacités, des ressources, et du nécessaire respect de l’environnement.

Charles Legoda