Électricité : en vert et contre tout

11 Mai 2021

Cela dure depuis des années : le réchauffement climatique entraîne le réchauffement de la publicité. Toutes ou presque toutes les compagnies vendeuses d’électricité proposent de « l’électricité verte », et parfois uniquement celle-là.

« Achetez donc de l’électricité 100 % renouvelable ! » La plupart des vendeurs déclarent, en lettres minuscules en bas de leur publicité, qu’elles injectent autant d’électricité verte qu’elles en vendent.

En réalité, l’électricité verte, à proprement parler, n’existe pas. Historiquement, la toute première production d’électricité était hydraulique. Elle date de 1878 à Grenoble, et personne ne songeait à l’époque à la qualifier de verte. Aujourd’hui, ceux qui achètent de l’électricité, c’est-à-dire quasiment tout le monde, et quel que soit le fournisseur, achètent évidemment exactement la même, partout dans le pays. Il n’y a pas de câbles distincts pour transporter l’électricité prétendument verte. Tout est mélangé et, jusqu’à présent, personne n’a encore réussi à peindre les électrons de couleurs différentes !

En France, en 2019, chaque client, quel que soit son fournisseur, recevait une électricité d’origine à 70 % nucléaire, à 11 % hydraulique, à 7,1 % venant de centrales thermiques à gaz, et seulement à 6,2 % d’origine éolienne et à 2,2 % solaire. Comme les chiffres pour l’éolien et le solaire sont faibles, on a embarqué l’hydraulique pour faire un total plus présentable, baptisé vert.

Le vert étant à la mode, va pour l’électricité verte ! Mais non seulement il n’y a pas d’électricité verte, ou seulement de façon marginale, mais la plupart des prétendus fournisseurs ne produisent pas le moindre kilowatt. Ils se contentent d’acheter de l’électricité à EDF, qui a l’obligation légale de leur en fournir. Ensuite, ils lui collent une étiquette verte en pensant qu’ils la revendront mieux aux clients… en prélevant leur pourcentage bien sûr.

André VICTOR