Épidémie : la population rendue responsable

05 Mai 2021

Fin de la limite des 10 km le 3 mai, ouverture des terrasses, des cinémas et des commerces le 19, puis des foires, des salles de sport et des stades, etc., telles ont été les dernières annonces de Macron.

Incapable d’annoncer un recul de l’épidémie, et surtout incapable de prendre les mesures qui protégeraient un tant soi peu les travailleurs et soulageraient vraiment les soignants, le gouvernement continue d’annoncer des mesures de restriction, puis d’ouverture, pour tenter de montrer qu’il maîtrise la situation et sait où il va.

La levée progressive des mesures de confinement est annoncée alors que le nombre de cas a à peine commencé à se stabiliser. En réalité, l’épidémie est loin d’être jugulée. Le nombre de malades hospitalisés et de personnes en soins intensifs correspond aujourd’hui à peu de chose près au pic de la seconde vague : près de 29 000 hospitalisations, contre 33 000 le 17 novembre, et environ 5600 personnes en soins intensifs, contre moins de 5 000 à la même date.

Pour faire patienter la population, les autorités ont donc remplacé les objectifs chiffrés de nombre de cas par quelque chose de plus positif, qui rappelle davantage le calendrier de l’Avent : chaque semaine, on aura (peut-être) le droit d’ouvrir quelque chose (là où c’est possible). Il s’agit de présenter comme un retour à la normale le maintien dans une situation dramatique, quitte à attribuer ensuite la responsabilité de la prolongation de l’épidémie aux comportements individuels.

À l’hôpital, l’épuisement qui s’ajoute à la surcharge de travail rend néanmoins la situation des soignants encore pire que l’an dernier. Les choses ne risquent pas d’aller en s’arrangeant, puisque le gouvernement se refuse à la moindre promesse qui pourrait remédier à la situation dans les hôpitaux, dénoncée depuis des années par les travailleurs de la santé et révélée au grand jour par l’épidémie.

Pour le reste des salariés, les mesures d’assouplissement du droit du travail ont été prolongées et le patronat s’efforce de les contraindre à poser des jours de congé, pour limiter au minimum les vacances dont ils pourraient disposer une fois la crise sanitaire passée.

S’il y a quelque chose qui n’a été ni confiné ni réduit ces derniers mois, c’est bien le cynisme du gouvernement et l’avidité de la classe patronale.

Sacha Kami