Burkina Faso : l’armée française ne protège pas la population

05 Mai 2021

Au Burkina Faso, la liste des villages saccagés et des habitants assassinés lors d’attaques djihadistes ne cesse de s’allonger. Lundi 3 mai au moins 30 personnes ont ainsi péri à Kodyel, un petit village situé près de la frontière du Niger.

Une fois de plus, des centaines d’hommes armés ont encerclé un village à l’aube et ont ouvert le feu sur les habitants, tuant presque tous les hommes. Une semaine auparavant, d’autres villages avaient été attaqués dans la province du Séno, et 15 personnes avaient perdu la vie. Ces attaques sèment la panique et poussent les villageois à s’enfuir loin de chez eux. Le Burkina compte aujourd’hui un million de déplacés, pour une population de 21 millions d’habitants. Ceux qui ne trouvent pas refuge chez des proches s’entassent dans des camps où ils ne reçoivent qu’une aide alimentaire réduite, bien insuffisante pour nourrir leurs familles.

Cela fait maintenant plus de sept ans que l’armée française a débarqué au Mali, sous prétexte de protéger la population, et bientôt six ans qu’elle a étendu son action au Burkina Faso avec l’opération Barkhane. Loin d’être protégée, la population de ces pays vit dans la peur comme jamais auparavant, prise entre les attaques djihadistes, les conflits intercommunautaires et les exactions des armées locales et parfois de l’armée française. Toute la région a été complètement déstabilisée. Au Burkina, le gouvernement a armé des milices villageoises, les Volontaires pour la défense de la patrie, dont la principale occupation est de s’en prendre aux populations peules, accusées d’être unanimement complices des djihadistes. Ces derniers, de leur côté, assassinent des villageois qu’ils soupçonnent de s’être ralliés aux VDP. Ce gouvernement, soutenu par la France, alimente ainsi un cycle sans fin de représailles et de contre-­représailles, comme au Mali voisin.

Face à un tel bilan, une conclusion immédiate s’impose : troupes françaises hors d’Afrique !

Daniel MESCLA