SpaceX : à la conquête de l’espace… et du profit

28 Avril 2021

Vendredi 23 avril, la fusée SpaceX a décollé depuis la base de la NASA en Floride avec à son bord deux Américains, un Japonais, et l’astronaute français Thomas Pesquet. Le lendemain, leur capsule a rejoint la Station spatiale internationale (ISS) et son équipage constitué de sept astronautes de différents pays.

En France, la présence de Pesquet a été présentée comme un motif de fierté nationale, y compris par Macron lui-même, toujours prompt à tenter d’exploiter la notoriété des autres. Pourtant, comme le rappelle Pesquet lui-même, vu de l’espace, il y a une seule et même humanité. L’ISS est le fruit du travail des ouvriers, des ingénieurs et des chercheurs de seize pays qui participent au projet depuis les années 1990 : les États-Unis, la Russie, onze États européens, le Japon, le Canada, et le Brésil. Le caractère universel de la coopération donne un côté enthousiasmant à l’exploration spatiale, mais on y retrouve aussi les autres aspects de l’organisation capitaliste.

Aujourd’hui, l’entreprise SpaceX d’Elon Musk a bénéficié du contrat de sous-traitance avec la NASA, mais aussi de toute l’expérience passée de celle-ci. Si l’ISS a des objectifs scientifiques, la plupart des missions spatiales ont pour but de placer des satellites pour des groupes capitalistes. D’autres missions sont destinées à défendre la position militaire de telle ou telle grande puissance. Récemment, les États-Unis et la France ont chacun créé un commandement militaire pour l’espace.

Pour mettre en commun les capacités de l’humanité jusqu’au bout, si l’on ne veut pas reproduire les frontières terrestres dans l’espace, il faudra s’affranchir, non seulement de la gravité, mais également des lois du capitalisme.

Charles Legoda