Solvay – Saint-Fons : victoire pour les travailleurs de Rhenus

28 Avril 2021

À l’usine chimique Solvay de Saint-Fons, dans le Rhône, les travailleurs du sous-traitant Rhenus qui assurent les expéditions, la logistique et le conditionnement des produits finis se sont mis en grève mardi 20 avril, pour obtenir une prime mensuelle de 100 euros net.

Une dizaine de travailleurs des expéditions se sont lancés et malgré les menaces du patron de les remplacer par ceux d’un autre site, ils sont partis étendre le mouvement à leurs collègues de Rhenus dans le reste de l’usine. Une bonne vingtaine de grévistes plus tard, le ton du patron avait changé : il concédait 64 euros brut de prime mensuelle aux travailleurs des expéditions qui ne la touchaient pas, mais demandait aux autres de patienter jusqu’aux prochaines négociations annuelles obligatoires (NAO) prévues le 19 mai. Mais la confiance des grévistes en eux-mêmes se renforçait et la peur avait changé de camp.

Ce mouvement de colère commençait à inquiéter le donneur d’ordres Solvay : contraint par de fortes commandes et ne voulant surtout pas arrêter les productions, il cherchait à remplacer les grévistes au conditionnement. Les ouvriers de Solvay ont refusé, montrant que la solidarité n’était pas un vain mot et que les grévistes avaient des alliés, et ce sont certains chefs qui ont dû s’y mettre, avec une efficacité très relative !

Quant au patron de Rhenus, qui fanfaronnait le matin, il a dû avancer les NAO au jour même. Une réunion a donc débuté l’après-midi sous la pression des grévistes. Composée de délégués du personnel et de grévistes de chaque secteur, la délégation rendait compte régulièrement des discussions. Face à l’obstination du patron, la délégation et les grévistes ont quitté les réunions et décidé de poursuivre la grève le lendemain. Le patron, étonné, qui demandait « Vous partez déjà ? », s’entendait répondre « Ben oui, on n’a plus rien à se dire ».

Deux heures plus tard, il rappelait et reculait sur les revendications, en lâchant une prime mensuelle pour tous de 80 euros brut, ainsi qu’une autre de 45 euros brut avec des critères à déterminer. Il ajoutait surtout l’intégration d’une prime mensuelle existante de 200 euros brut dans le salaire de base, ainsi que le paiement des heures de grève.

Satisfaits, les travailleurs ont mis fin à leur grève victorieuse, avec la fierté d’avoir fait reculer leur patron et le donneur d’ordres Solvay, reprenant ainsi confiance dans leur force collective. Comme l’a dit un gréviste : « Rhenus, vaincu par KO ! »

Correspondant LO