Socla (groupe Watts) Méry : fermeture et patrons rapaces

28 Avril 2021

À la mi-mars, la centaine de travailleurs que compte l’usine Socla, spécialisée dans la production de vannes papillon utilisées dans l’industrie et la construction, ont appris la fermeture brutale du site de Méry, situé en Savoie, entre Chambéry et Aix-les-Bains.

Celui-ci fait partie du groupe américain Watts depuis son rachat en 2011. Coté à la Bourse de New York, Watts possède une vingtaine de sites en Europe et des marques comme Trubert, Gripp, Porquet, Desbordes ou Microflex. Ce groupe richissime a encore accru ses profits ces dernières années et s’apprête à délocaliser une partie de sa production. Outre la vingtaine d’intérimaires qui vont perdre leur emploi, 52 autres travailleurs en fixe sont menacés d’être jetés à la rue. Une trentaine enfin se verraient proposer un reclassement sur le site de Virey-le-Grand en Saône-et-Loire, à plus de 250 kilomètres.

La colère est d’autant plus grande que le site de Méry a lui aussi tourné et rapporté à ses actionnaires 400 000 euros. Le groupe Watts avait d’ailleurs accroché sur ses sites des banderoles avec des « Merci pour votre participation » écrits dans toutes les langues. Ce merci reste aujourd’hui en travers de la gorge des travailleurs. Et beaucoup se souviennent du plan de 2016, qui avait opéré une première saignée et supprimé des dizaines d’emplois.

Depuis l’annonce, ils se sont mobilisés à plusieurs reprises, interpellant les élus locaux, différents ministères et s’adressant à la population. Mercredi 21 avril, la totalité étaient de nouveau en grève, hormis quelques intérimaires, et la production entièrement stoppée. Des élus locaux, des militants CGT des environs et des représentants de Lutte ouvrière sont venus apporter leur soutien.

Dans leur tract à la population, les salariés de Socla reviennent sur la guerre engagée par le grand capital et la nécessité d’une contre-offensive : « Ah, le fameux Covid, il a bon dos, il n’y a pas une semaine sans des annonces de fermetures, ils licencient non-stop, alors que pendant des années, les bénéfices ont explosé dans ces entreprises qui justifient des fermetures à travers la pandémie alors qu’elles avaient planifié ces carnages sociaux bien avant. »

Les travailleurs sont déterminés à se faire entendre et à faire plier les actionnaires du groupe Watts. Une affiche apposée devant l’usine, visant le PDG Robert Pagano résumait l’objectif : « Bob on va t’éponger, lâche les dollars ! »

Correspondant LO