Rentrée des classes : sans moyens mais avec virus

28 Avril 2021

Le 26 avril, la rentrée des vacances de printemps a eu lieu pour les élèves de maternelle et de primaire dans tous les départements. Un groupe de chercheurs et médecins a le même jour dénoncé le sur-risque de contamination que représente cette rentrée.

La rentrée n’a en fait eu lieu que pour les enfants qui ne sont pas atteints par le Covid car, selon une directrice d’école de Saint-Denis, des parents d’élèves malades ont déjà prévenu de l’absence de leurs enfants. Si leur enseignant n’était pas atteint non plus, les élèves ont retrouvé leurs camarades de classe. Seuls 15 000 salariés de l’Éducation nationale ont en effet été vaccinés, soit un peu plus de 1 %. Moins compliqué apparemment que la vaccination, le énième protocole sanitaire a donc été diffusé, qui prévoit la fermeture de la classe au premier élève malade, ses camarades étant alors considérés comme cas contacts et isolés pendant sept jours à la maison.

Qu’en sera-t-il des 400 000 tests salivaires par semaine promis par Blanquer ? Pour l’instant, ils tardent à être acheminés, même s’ils sont apparus dans des reportages destinés à laisser croire à l’efficacité de l’action gouvernementale. De toute façon, leur administration nécessite une autorisation parentale, parfois complexe à obtenir, ainsi que du personnel formé, indépendamment des enseignants. Or où sont les 1 700 médiateurs promis par le ministre ? Où sont les infirmières et les médecins scolaires en nombre suffisant pour faire face à ce nécessaire retour en classe des enfants ainsi qu’à leurs difficultés psychologiques en cette période de crise ? Où sont les enseignants-remplaçants d’autrefois, dédiés à prendre au pied levé la classe d’un instituteur malade ? Ils ont tous été affectés à des postes fixes par mesure d’économie. On en est même encore, selon le collectif de médecins, à devoir aérer des salles de classe sans fenêtres ouvrantes… alors que les dix minutes d’aération préconisées chaque heure se révèlent insuffisantes !

Quant aux enseignants des collèges et lycées, dont les élèves sont rentrés à distance le 26 avril mais devraient être physiquement dans leurs établissements à partir du 3 mai, ils s’inquiètent de la fourniture des tests et même des auto-tests promis pour les adultes et les plus de 15 ans. Ils ont aussi matière à être vigilants, de même que les parents, pour obtenir la « demi-jauge » évoquée par Blanquer, c’est-à-dire les cours en demi-groupes pour les élèves de 4e et les 3e, véritable casse-tête pour ceux qui doivent le mettre en œuvre. Là aussi, le manque de personnel, d’enseignants, d’adultes encadrants formés, transforme la reprise des cours en Koh-Lanta.

La rentrée risque fort, à nouveau, de forcer les élèves, les parents et le personnel des établissements à s’organiser avec les moyens du bord, sans pour autant être sûrs d’échapper au virus.

Viviane LAFONT