Continental, Aéronautique, La Poste… : non à la baisse des salaires !

28 Avril 2021

Après le quasi-gel des salaires en place depuis des années, les directions d’entreprises en sont de plus en plus aujourd’hui à organiser leur baisse.

Chez Continental, à Sarreguemines en Moselle, cette attaque s’est faite en deux temps. La direction s’en est d’abord prise aux primes d’intéressement, l’une dite locale, l’autre générale. Sur ces deux primes la diminution atteint cette année 2 200 euros. Les réac­tions de protestation passées, la direction a annoncé le montant de la prime de participation, en chute de près de 1 000 euros. Les travailleurs perdent donc 3 200 euros sur l’année.

La direction, appuyée par les responsables syndicaux, a de plus en plus lié le salaire à toute une série de primes. Celles-ci représentent près de 40 % du total des salaires des travailleurs de Continental et sont aléatoires par nature, ce qui permet toutes les manœuvres.

Dans l’aéronautique, un des sous-traitants d’Airbus à Marignane, la Simra, une entreprise multinationale, remet en cause les rémunérations des travailleurs postés, pouvant aboutir à une baisse de 6 à 13 % du salaire. Cela ne vise pas que les ouvriers de Simra mais c’est une menace contre tous les travailleurs d’Airbus et de la branche aéronautique, ne serait-ce qu’en créant la possibilité de diminuer les rémunérations.

À La Poste, le total des primes qui disparaissent se décompose comme suit : 400 euros de prime de participation, 300 euros de prime Covid, 250 euros maximum de prime gilets jaunes. Ce sont donc 950 euros qui peuvent disparaître de la rémunération annuelle d’un postier. Même si certaines de ces primes avaient un caractère exceptionnel, elles sont une partie du salaire. À cela s’ajoutent les amputations possibles sur la prime bisannuelle de 320 euros versés en octobre et en février, liée maintenant à la présence.

Il s’agit là de quelques exemples touchant des entreprises sans lien entre elles. Patrons et directions sont à l’offensive et voudraient faire baisser les rémunérations, directement ou en imposant du travail supplémentaire non payé. Il ne s’agit même plus pour les employeurs de se cacher derrière la crise du Covid mais d’augmenter les profits directement en s’en prenant aux salaires.

Paul SOREL