SKF – Avallon : grève contre des méthodes indignes

21 Avril 2021

Les 141 salariés, production et bureaux confondus, de l’usine SKF d’Avallon, dans l’Yonne, sont en grève depuis le 12 avril. Leur mécontentement a éclaté lorsque la direction a ouvertement ignoré les revendications des salariés et proposé des indemnités de licenciement indignes.

Alors qu’elle vient d’engager une procédure de fermeture définitive de l’usine, c’est surtout le cynisme grossier dont elle a fait preuve qui a déclenché la colère et l’incompréhension des salariés, auxquels elle demandé un surcroît de travail pour honorer les commandes.

Les roulements à billes produits sur le site sont des pièces énormes, destinées à de gros chantiers comme les plateformes pétrolières, le chantier de la route de la soie en Chine, ou encore la fabrication des engins du génie militaire. Autant dire que les produits qui sortent de cette usine sont très spéciaux et faits sur mesure par ces travailleurs.

Mais le groupe SKF, qui affiche 8 milliards de chiffre d’affaires par an et qui regroupe dans un consortium le gestionnaire du fonds de pension BlackRock ou le célèbre laboratoire AstraZeneca, n’en a cure et pense pouvoir prendre de haut cette poignée de travailleurs. Il a confié la gestion du plan de licenciements à un cabinet spécialisé qui n’a pas daigné rencontrer les syndicats et propose comme os à ronger une prime dérisoire.

La certitude des patrons d’être dans leur bon droit, celui du plus fort, est époustouflante. Mais les travailleurs de SKF ne sont pas seuls à être traités de la sorte. Dans la ville d’Avallon, ceux de Pneu Laurent, de Schiever, et d’autres d’entreprises dont les noms sont moins connus, sont tout aussi mécontents. Et pas seulement dans cette petite ville, mais aussi dans beaucoup d’autres endroits plus ou moins isolés du pays.

Alors le jour où tous ces mécontentements se connecteront, l’arrogance de ces puissants fonds de pension et autres groupes capitalistes ne sera plus la même.

Correspondant LO