SNCF Transilien : une grève réussie

14 Avril 2021

Lundi 12 avril, une grève a fortement réduit le trafic des lignes U et N, ces lignes du réseau ouest Transilien desservant Rambouillet et La Verrière au départ de Paris.

En gare de Montparnasse, le rassemblement d’une centaine de cheminots – venus par groupes de collègues depuis de nombreux sites dispersés sur le réseau – était un vrai succès, compte tenu des difficultés liées à l’épidémie.

Les prises de parole ont confirmé la généralisation des attaques de la direction dans l’ensemble des secteurs SNCF et la montée de la colère dans les services. Aux ateliers de Montrouge, chargés de l’entretien des rames, la direction supprime chaque année une dizaine de postes et il n’est maintenant pas rare que les trains soient remis en circulation sans leur programme d’entretien complet. À l’entretien des voies pour les seules lignes N et U, la SNCF supprime 30 postes cette année, alors que la CGT a calculé qu’il manque déjà 500 emplois pour l’ensemble de l’entretien des voies régionales d’Île-de-France. Sur les deux lignes N et U, la quasi-totalité des guichets est en cours de suppression. Les postes d’information aux voyageurs sont démantelés, entraînant là aussi la suppression de plusieurs dizaines d’emplois. Les postes de conducteurs chargés spécifiquement d’amener les trains vides au départ, ou de les ramener aux dépôts en fin de service, sont en voie de disparition : cela implique, pour les conducteurs des trains voyageurs, d’embaucher toujours plus tôt ou de finir toujours plus tard. Et bien sûr, le niveau très bas des salaires, gelés depuis des années, vient alimenter la colère.

Pour couronner le tout, la SNCF profite du contexte dû à la situation sanitaire pour tenter de faire marcher les cheminots à la baguette. Plutôt que de répartir le travail entre tous les conducteurs, elle impose, en tout arbitraire, le chômage partiel à certains et des journées à rallonge pour les autres, en modifiant même leurs horaires au dernier moment. Elle refuse les demandes d’absence pour garde d’enfant et impose que chacun pose des congés à la place, pour être sûre de disposer d’un maximum de salariés disponibles à la reprise du trafic.

La direction a d’ailleurs récemment dévoilé sa volonté de supprimer la planification annuelle des circulations de train pour envisager une gestion de l’offre de transport au jour le jour. La vie des cheminots, dont le rythme de vie est très souvent désorganisé par le travail de nuit ou en décalé, serait totalement livrée à l’arbitraire.

La SNCF présente ces restructurations comme une nécessité face à la concurrence qui arrive dans les transports régionaux. Mais tout le monde sait très bien que c’est la SNCF elle-même qui reprendra l’activité après avoir démantelé et filialisé ses propres services.

Sans surprise, le personnage qui sert de directeur aux lignes U et N n’avait strictement rien à répondre aux questions des agents rassemblés. Derrière lui, c’est bien toute la direction de la SNCF qui impose ses attaques, avec la complicité du gouvernement. Alors chacun des grévistes présents était bien conscient que le mouvement de protestation n’en est qu’à ses débuts.

Correspondant LO