Sahel : la population victime des soldats du G5

14 Avril 2021

Les 27 et 28 mars derniers, des soldats tchadiens du G5 Sahel ont envahi le village de Tera, dans l’ouest du Niger, et ont violé plusieurs femmes.

Devant les témoignages qui ont afflué à la télévision nigérienne, le ministère des Affaires étrangères tchadien et l’état-major du G5 Sahel ont bien été obligés de reconnaitre les faits.

Ces deux nuits-là, ces soldats ivres sont entrés de force dans les habitations, ont tenu les hommes en respect avec leurs armes et ont violé les femmes sous leurs yeux. Des témoins ont raconté comment une jeune mère de famille, une femme enceinte et une fillette de 11 ans avaient été violées par les soudards.

Ces hommes appartiennent au bataillon de 1 200 soldats tchadiens dont Macron s’était vanté, lors du dernier sommet du G5 Sahel, d’avoir obtenu le déploiement dans la zone dite des trois frontières. Ils étaient censés protéger la population des attaques djihadistes. Il n’aura pas fallu deux mois pour que l’on voie ce qu’il en est. Les prétendus protecteurs se sont avérés être la pire des menaces.

L’armée tchadienne est partout connue pour sa brutalité contre la population. En 2014, en Centrafrique, les experts de l’ONU avaient dénoncé les attaques qu’elle avait perpétrées contre des villages situés dans sa zone d’intervention. Meurtres, pillages, extorsions forcées étaient son œuvre quotidienne. Le Tchad avait été contraint de retirer ses hommes après l’ouverture d’une enquête sur le mitraillage par son contingent d’une zone de marché et de centres médicaux à Bangui.

Aujourd’hui, le Tchad et le G5 Sahel affirment que les coupables seront jugés et punis. Comme si ces crimes barbares étaient des actes isolés, juste imputables à quelques soldats dévoyés ! L’armée tchadienne utilise au Niger, mais aussi dans les zones où elle combat Boko Haram à la frontière du Nigéria, les méthodes dont elle est coutumière au Tchad. Macron la sollicite pour ses méthodes expéditives, le contingent tchadien ayant la réputation de ne pas se débander à la première attaque djihadiste. Mais cela va de pair avec l’exécution aveugle des prisonniers qui tombent entre ses mains, combattants ou civils, et l’habitude de considérer qu’elle a tous les droits sur la population locale.

Ces crimes ne sont ni les premiers ni les derniers, et les dirigeants français en sont complices. En plus d’être particulièrement odieux, ils ne peuvent que jeter les habitants dans les bras des djihadistes, l’armée tchadienne n’étant d’ailleurs pas la seule à en commettre. Les armées malienne, burkinabé, mais également l’armée française font aussi leur lot de victimes dans la population.

Daniel MESCLA