Haïti : le pouvoir, inspirateur et otage des gangs

14 Avril 2021
Dimanche 11 avril, sept religieux catholiques, dont deux Français, ont été enlevés par un gang armé dans la banlieue de Port-au-Prince, en Haïti.

Celui-ci réclame un million de dollars et menace d’assassiner les otages si la rançon ne lui était pas versée.

Du coup, les médias français semblent découvrir l’existence de ce type de brigandage en Haïti et s’en indignent. Mais ce n’est pas un fait récent. Ce gang, nommé « 400 Mawozo », n’est pas un cas isolé. Ils sont une centaine au moins à semer la terreur dans le pays, multipliant les brutalités, les viols, les assassinats et kidnappant des personnes pour une demande de rançon, pas seulement des riches mais aussi des pauvres qui n’ont rien à leur donner.

La population en a assez de cette terreur et l’a exprimé à plusieurs reprises par des manifestations. Le 3 avril, ce fut au tour de centaines de femmes de descendre dans les rues de Port-au-Prince pour dénoncer la violence de ces gangs et l’incapacité du gouvernement de Jovenel Moïse à mettre fin à leurs agissements. Et pour cause, cela fait des années que les gouvernements qui se sont succédé dans ce pays ont armé des bandits pour les aider à se maintenir au pouvoir en réprimant toute opposition par la terreur et la mort, sans que les dirigeants des États dits démocratiques s’en émeuvent.

Marianne LAMIRAL