Thales AVS – Vélizy : le 0 % fait réagir

07 Avril 2021

Sur les sites AVS, filière aéronautique du groupe Thales, de Vélizy, Chatou, Méru, Valence, Moirans, Thonon… les décisions de la direction sur les salaires, avec 0 % d’augmentation, et sur l’emploi, avec la suppression de presque mille postes, provoquent des réactions.

À Vélizy, comme sur tout le groupe, la direction de Thales avait d’abord annoncé début janvier, mois des négociations salariales annuelles (NAO), qu’elle bloquait l’augmentation des salaires jusqu’en juillet. Les salariés du site, eux, avaient décidé de ne pas se laisser faire. De débrayage en débrayage, depuis février, ils ont voté la revendication de 100 euros d’augmentation, sans attendre la fin des NAO et que le patron annonce 0 % d’augmentation pour tout 2021.

Cette nouvelle a décidé les hésitants à réagir. Jeudi 1er avril, les salariés rassemblés en heure d’information syndicale décidaient de se joindre à l’appel des syndicats à débrayer une demi-heure sur tous les sites AVS. À Vélizy, cela s’est traduit par une journée de grève. Déjà, à l’embauche, un premier groupe d’une soixantaine de salariés rappelait le débrayage et s’adressait aux hésitants. Ils ont été de plus en plus nombreux à débrayer sans limitation, au point qu’il n’y avait plus personne dans les ateliers et que la production a été bloquée. Les grévistes, circulant à 160 dans les bureaux, ont dit aux ingénieurs, qui leur montraient un réel soutien, de ne pas subir la pression de la hiérarchie et de les rejoindre. Ils sont allés ensuite informer de leurs revendications Hélios, site voisin du même groupe, mais dans un autre secteur d’activité, pour rappeler qu’ils avaient le même patron.

Dans la journée, l’un des directeurs du site est descendu dire aux grévistes que, dans le contexte de crise du secteur aérien, la direction faisait le bon choix en n’augmentant pas les salaires cette année plutôt que de licencier. Une gréviste lui a répondu que les salariés n’étaient pas dupes de ce chantage.

En fin de journée, sous la pression de la grève de Vélizy et des autres sites, la direction passait de « 0 % ferme et définitif » à 0,5 % d’augmentation. À ces miettes, elle ajoutait des conditions : arrêt de la grève, arrêt du boycott des instances par les élus et retrait d’une plainte des syndicats contre elle. Ce recul était accompagné d’assez de mépris et de mesquinerie pour pousser les salariés à poursuivre. À Vélizy, ils étaient 120 à débrayer à nouveau le lendemain, vendredi 2 avril, ne se séparant qu’après avoir fixé un rendez-vous pour une nouvelle journée d’action, mardi 6 avril, où ils se sont retrouvés une centaine à débrayer le matin et à manifester dans l’usine et en dehors, comptant poursuivre dans l’après-midi et décider d’une suite. Confinement, garde des enfants et congés n’empêchent pas de rester mobilisés.

Sur le site de Méru, dans l’Oise, les salariés sont en grève et bloquent depuis le 25 mars. Depuis peu, ils occupent l’usine, et la direction a appelé la préfecture pour les faire évacuer.

Correspondant LO