Revenu des jeunes : le minimum est encore trop peu !

07 Avril 2021

Dans cette société où les patrons sont de droit divin et peuvent licencier à tour de bras et où les gouvernements n’ont de cesse de canaliser toutes les richesses vers les coffres forts capitalistes, les jeunes, travailleurs ou étudiants, sont particulièrement touchés par la pauvreté.

Du coup, les débats au sujet de l’exclusion des jeunes des dispositifs de revenu minimum garanti, comme le RSA, sont relancés. En effet en France les moins de 25 ans n’ont même pas accès au revenu minimum, contrairement à ce qui se passe dans la majorité des pays de l’Union européenne.

La dégradation de la situation des jeunes ne date pas du début de l’épidémie : le taux de pauvreté des 18-29 ans a augmenté de moitié entre 2002 et 2019, et les contrats précaires ont également explosé, pour concerner un jeune en emploi sur deux. La crise actuelle accélère encore cette évolution.

Le RSA n’est accessible qu’à partir de 25 ans, sauf si on a un enfant à charge ou si on a travaillé deux ans au cours des trois dernières années : une condition particulièrement restrictive quand on a entre 18 et 25 ans. En dehors de cela, on ne peut compter que sur les allocations logement – encore faut-il avoir réussi à en obtenir un – ou sur des bourses, si on est étudiant. En 2019, quatre étudiants sur dix en percevaient une, pour un montant moyen de seulement 360 euros mensuels pendant dix mois. Il existe aussi la « garantie jeune », qui permet à moins d’un jeune sans formation ni emploi sur huit de toucher l’équivalent du RSA pendant neuf à dix-huit mois, après signature d’une convention avec la mission locale. À 18 ans, on est donc jugé capable d’avoir le permis de conduire ou d’être exploité, mais pas d’avoir les mêmes minima sociaux que tout autre adulte.

Le cynisme de ceux qui dénient aux jeunes l’accès à un minimum déjà bien insuffisant pour vivre, tout en aidant le patronat à faire exploser la précarité, à multiplier les destructions d’emplois, est révoltant.

Un travail utile et dans des conditions correctes pour commencer à construire sa vie : voilà ce que devrait être un vrai minimum. Force est de constater que c’est bien au-delà de ce que cette société moribonde peut offrir aux nouvelles générations.

Sacha Kami