Élections régionales : des listes de Lutte ouvrière pour faire entendre le camp des travailleurs

07 Avril 2021

Le gouvernement a reporté les élections régionales de mars aux 13 et 20 juin par suite de l’épidémie de Covid. Il devrait, dans les tous prochains jours, confirmer leur tenue à ces dates.

Mais le gouvernement et les grands partis sont surtout préoccupés des bénéfices ou des désagréments politiques que la tenue des élections pourrait avoir pour eux.

Macron et ceux qui le soutiennent craignent avant tout que l’électorat, et particulièrement l’électorat populaire, se serve de l’occasion pour manifester son mécontentement en infligeant un désaveu public de sa politique, tant celle-ci est impopulaire. Pour les partis d’opposition, outre leur maintien ou leur accession à la tête des conseils régionaux, avec tous les avantages qui peuvent en découler pour eux, il s’agit de profiter de l’occasion pour préparer les prochaines élections présidentielles. Un désaveu de Macron les mettrait en bonne position, pensent-ils, pour lui succéder à la tête de l’État.

De ces calculs politiques, rien ne peut sortir qui pourrait changer et améliorer le sort des travailleurs et des milieux populaires. La guerre sociale qui se développe et s’intensifie depuis des mois ne connaîtra pas de répit. Quoi qu’il sorte des élections, il n’y aura pas moins de licenciements, moins d’attaques sur les salaires, de destructions des quelques garanties et protections qu’ont encore les travailleurs. L’intensification de l’exploitation, avec la dégradation des conditions de travail et de vie, continuera de plus belle. La précarité ne reculera pas non plus : bien au contraire, la situation des salariés privés d’emploi sera toujours plus incertaine et dramatique.

Quant aux petits paysans, petits artisans ou petits commerçants, la faillite continuera de les menacer, avec la baisse drastique de leurs revenus. Car cette guerre sociale, parfois sous couvert de crise sanitaire, est menée par le gouvernement au profit exclusif du grand patronat et de la grande bourgeoisie. L’omnipotence de cette classe capitaliste, qui s’enrichit de manière provocatrice au moment où le reste de la population s’appauvrit de plus en plus, n’est remise en cause par aucun des partis parmi ceux qui sont au pouvoir ou qui rêvent d’y revenir ou d’y parvenir. Pourtant, tous savent que la domination de la classe capitaliste entraîne non seulement la population mais même toute la société dans le mur.

Alors, il y a quelque chose de mieux à faire que de se taire, ce que de plus en plus d’habitants des milieux populaires, dégoûtés par ce jeu politicien qu’ils sentent n’être pas leur affaire, font en s’abstenant massivement au cours des élections. Le bulletin de vote ne changera pas les choses, seuls les combats de la classe ouvrière le pourront. Mais il peut permettre d’affirmer qu’il faut imposer à la classe capitaliste et au gouvernement, quel qu’il soit, les mesures de survie pour le monde du travail et l’ensemble de la population qui n’exploite personne.

C’est pour cela que Lutte ouvrière présentera ses listes de candidats dans toutes les régions de la métropole et à La Réunion. Faire entendre le camp des travailleurs, contester la dictature capitaliste, réclamer le contrôle des travailleurs et de la population sur toute l’économie qu’eux seuls font marcher, c’est redonner un espoir et une perspective à toute la classe des travailleurs.

Paul SOREL