Cédric Herrou relaxé : la solidarité n’est pas un délit

07 Avril 2021

Mercredi 31 mars, la Cour de cassation a rejeté le pourvoi du parquet général de Lyon et définitivement relaxé Cédric Herrou, après des années d’acharnement judiciaire. Ce jeune paysan de la vallée de la Roya, dans les Alpes-Maritimes, était poursuivi pour avoir aidé des migrants.

Depuis 2015, il a en effet permis à des milliers d’hommes, femmes et enfants africains de passer la frontière franco-italienne et de séjourner en France dans des conditions dignes.

En août 2017, Cedric Herrou a été condamné à quatre ans de prison avec sursis par la cour d’appel d’Aix-en-Provence, une condamnation dont la Cour de cassation vient donc de confirmer l’annulation. Cette ultime victoire judiciaire, Cédric Herrou la doit à sa détermination, n’ayant jamais baissé les bras face aux innombrables tentatives d’intimidation de l’État. Comme il le dit lui-même, il a subi « onze gardes à vue, cinq perquisitions, des nuits dans des cellules qui puent la pisse et la merde, cinq procès, des dizaines de milliers d’euros d’avocats, deux ans de surveillance systématique autour de [son] domicile par cinquante gendarmes mobiles, des contrôles d’identité quotidiens ». Mais sa ténacité a permis de petites victoires juridiques, comme la consécration du principe de fraternité par le Conseil constitutionnel en août 2018, ou un assouplissement de la loi contre l’aide au séjour des migrants fin 2018.

Cette relaxe définitive est une bonne nouvelle, mais elle ne met pas fin au sort tragique des migrants, contraints de quitter leur pays dévasté par la guerre et la misère, et traités comme des délinquants à leur arrivée en France. Quant à celles et ceux qui leur viennent en aide, comme Cédric Herrou, ils auront encore à se défendre contre les attaques de l’État ou de l’extrême droite. Les raisons de la colère restent entières.

Julie LEMÉE