Cartel du sandwich : bouchées doubles sur les profits !

07 Avril 2021

L’Autorité de la concurrence vient de sanctionner pour entente illicite sur les prix trois groupes agroalimentaires, Daunat, Monterrat et LDC, qui fabriquent des sandwichs vendus dans les supermarchés et les stations-service.

De 2010 à 2016, ces trois trusts se réunissaient secrètement pour se mettre d’accord sur des prix élevés et fausser ainsi les appels d’offres de la grande distribution. Ces pratiques frauduleuses ne sont pas nouvelles et sont même très fréquentes. Il y a eu le cartel du jambon, de l’électroménager, des produits d’entretien, de la téléphonie mobile, etc.

Dans presque tous les secteurs, quelques grands groupes capitalistes sont en situation de quasi-monopole et il leur est donc très simple de s’accorder sur les prix. Par exemple, Daunat, Monterrat et LDC détiennent à eux seuls 90 % du marché des sandwichs industriels. Lorsque ces accords secrets arrivent sur la place publique, c’est souvent parce que l’un des margoulins dénonce ses complices.

Il existe en effet une procédure dite de clémence qui permet à celui qui révèle un accord d’entente sur les prix de ne pas régler d’amende. Monterrat ne paiera donc rien car c’est lui qui a trahi en premier. LDC devra verser 15,5 millions d’euros et Daunat 9 millions, soit une diminution de 35 % de la sanction car, d’après la loi, eux aussi bénéficient de la procédure de clémence, puisqu’ils ont chacun dénoncé l’accord l’un après l’autre. Une loi vraiment faite pour inciter à la récidive.

Arnaud LOUVET