Aides à domicile : la revalorisation ne fait pas le compte

07 Avril 2021

La ministre déléguée chargée de l’Autonomie a annoncé début avril une « revalorisation historique », entre 13 et 15 %, du salaire des aides à domicile. Malgré l’effet d’annonce, on ne peut toujours pas parler de salaires corrects pour ces travailleurs, parmi les plus indispensables de la société.

Bien sûr, cette hausse sera la bienvenue, tant les salaires sont faibles dans ce secteur de l’aide à la personne. Souvent soumis aux temps partiels imposés, seuls 43 % des salariés atteignent le niveau de rémunération du smic après dix-sept ans d’ancienneté.

Alors que la population vieillit, et en l’absence de structures adaptées et abordables financièrement, le recours aux aides à domicile est une nécessité pour nombre de personnes âgées ou handicapées.

Pourtant les travailleurs du secteur, qui sont bien souvent des travailleuses, sont surexploités. Elles se sont mobilisées à plusieurs reprises ces dernières années pour dénoncer les horaires à rallonge, les heures supplémentaires non payées, les trajets non remboursés, les temps partiels imposés, les plannings modifiés à la dernière minute... le tout pour des salaires souvent en dessous de mille euros.

Alors, si cette hausse de salaire finit bien par être versée, elle ne sera certainement pas un luxe.

Encore faudra-t-il que cette revalorisation soit effective, car il faut encore négocier son financement, avec une enveloppe de 200 millions d’euros versés par l’État.

Il est d’ores et déjà sûr que tous les travailleurs du secteur ne bénéficieront pas de la mesure, puisque seuls seraient concernés les organismes comme les SAAD (Services d’aide et d’accompagnement à domicile), financés à 60 % par les départements. Le gouvernement estime que ce seront 209 000 salariés qui bénéficieront de la mesure, sur un secteur qui compte plus d’un million de travailleurs, toutes structures confondues.

Les aides à domicile avaient déjà été exclues des revalorisations salariales comprises dans le Ségur de la Santé et nombre d’entre elles n’avaient pas touché de prime Covid, alors même qu’elles sont en première ligne.

Alors la mesurette « historique » du gouvernement ne sera même pas un rattrapage. Les factures et le loyer ne sont pas flexibles : le salaire doit être à leur hauteur !

Camille PAGLIERI