Aéroport de Roissy : naufragés des temps modernes

07 Avril 2021

Depuis le 26 février, 25 voyageurs algériens sont bloqués dans le terminal 2 de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, dans des conditions indignes.

Parmi ces voyageurs se trouvent des enfants et des personnes âgées malades. Mais ni le gouvernement français, ni celui de l’Algérie, ni les autorités de l’aéroport ne bougent le petit doigt pour mettre fin à cette situation scandaleuse.

En provenance de Londres, ces passagers devaient faire escale à Roissy puis prendre un vol vers l’Algérie. C’est au moment d’embarquer que l’accès à l’avion leur a été refusé, en invoquant la crainte du variant anglais et la fermeture des frontières. Pourtant, à cette date, l’Algérie acceptait les rapatriements. Les voyageurs étaient dans ce cas, leurs motifs impérieux ayant été acceptés par le consulat algérien à Londres.

Depuis un mois et demi, ils vivent donc dans des conditions révoltantes, dormant sur le sol ou les sièges, et ne pouvant se nourrir que de sandwichs. Ils n’ont pas accès à des douches, se lavent dans les toilettes publiques. La climatisation fonctionnant, les nuits sont froides et douloureuses. La seule porte de sortie proposée par l’ambassade d’Algérie et par la compagnie Air Algérie a été un retour vers Londres. Mais c’est impossible pour plusieurs d’entre eux, qui n’ont plus de visa. Quant aux autres, ils dénoncent la quarantaine qui leur serait alors imposée et qui devrait se faire à leurs frais. Tous réclament de pouvoir terminer leur voyage, alors que des vols vers l’Algérie sont assurés chaque jour.

En face, les gouvernements français aussi bien qu’algérien se défaussent. Le tribunal administratif de Paris a refusé lundi 29 mars d’exiger d’Air Algérie qu’elle les transporte jusqu’à Alger. Alors que de nombreux hôtels sont vides sur l’aéroport, son exploitant, l’entreprise publique Aéroports de Paris (ADP), n’a pas mis les moyens pour les héberger dignement.

Il serait très facile de mettre fin au calvaire de ces 25 personnes, mais tous les décideurs préfèrent faire comme si elles n’existaient pas.

Lucas Pizet