Groupe Crédit agricole-LCL : fermetures d’agences pour garantir les profits

31 Mars 2021

Le gouvernement classe les banques dans la catégorie « activités essentielles », ce qui les autorise à rester ouvertes. Mais cela ne les empêche pas de fermer des agences à tout va.

En décembre, en même temps que leur fusion, la Société Générale et le Crédit du Nord annonçaient la disparition de 600 agences d’ici 2025. Ce mois-ci, c’est au tour de LCL, avec 250 fermetures d’ici 2023.

Alors que la presse titrait « LCL va fermer 15 % de ses agences », dans l’entreprise, le communiqué interne annonçait « le renforcement de 350 à 400 agences avec l’arrivée d’un ou plusieurs conseillers grâce au regroupement d’environ 250 autres points de vente ».

Ce n’est pas la première fois que la direction fait le coup. Déjà, en 2016, quand elle avait fermé 350 agences, elle utilisait systématiquement le mot regroupement, et jamais fermeture. Mais ce langage ne trompe personne, ni les salariés ni les clients qui, dans les faits, trouvaient porte close en allant à leur agence.

Alors que depuis des années elle diminue les effectifs, la direction explique maintenant qu’en dessous de trois salariés dans une agence, on ne peut pas offrir le niveau de service attendu par les clients. Il n’est pas sûr que les clients, qui n’auront plus d’agence à disposition, considèreront cela comme une amélioration du service.

Quant aux renforts annoncés dans les agences maintenues, ils arriveront avec du travail, puisque les comptes des clients seront aussi transférés. On se demande bien où sera le renfort. D’autant, qu’entre temps, les départs en retraite, ou démissions liées à cette situation ne seront pas remplacés. Pour finir, il y aura des postes en moins.

Les mutations concernent environ 600 salariés, qui vont être confrontés à des changements de type ou de lieu de travail ou aux deux, avec souvent davantage de temps de transport. La direction se réserve la possibilité de muter quelqu’un jusqu’à 50 km de son ancien lieu de travail ! Cela pourra donc s’ajouter à la précédente distance domicile-travail.

Pour les clients, ce sera un accès moins facile à une agence, ou à un distributeur de billets. La direction prend prétexte d’une moins grande fréquentation des agences, et mise sur l’utilisation de l’informatique. Mais elle ne tient pas compte des personnes qui ont des difficultés avec Internet, ni même des commerçants qui ont besoin de faire des dépôts...

Côté LCL, aucun licenciement n’est en principe prévu. Mais des agences qui ferment, cela veut dire des suppressions d’emplois dans les entreprises de ménage, de traitement du courrier, des transports de fonds, de la maintenance des automates, sans parler des commerces alentour qui pourraient être touchés.

Avec cette opération, la direction va faire des dizaines de millions d’économies qui vont s’ajouter aux centaines de millions de bénéfices pour le plus grand bonheur des actionnaires.

Correspondant LO