Crèches : non à l’empilement des bébés !

31 Mars 2021

Mardi 30 mars, les travailleurs des crèches étaient appelés à la grève contre la « réforme des modes d’accueil » du gouvernement. Des manifestations ont eu lieu dans plus d’une trentaine de villes et, dans certaines, la quasi-totalité des crèches étaient fermées.

Les manifestants et les grévistes refusent que, face au manque criant de crèches, les conditions d’accueil des bébés et les conditions de travail soient détériorées. Depuis 2019, le gouvernement prépare cette réforme qui ne vise qu’à faire des économies sur le dos des enfants, en l’incorporant à la loi d’accélération et de simplification de l’action publique (ASAP). Cela fait donc deux ans que les travailleurs de ce secteur sont mobilisés. Malgré cela, le secrétaire d’État chargé de l’Enfance et des familles, Adrien Taquet, est en train de faire passer le décret d’application pour une entrée en vigueur en septembre 2021.

Si cette réforme est appliquée, le nombre de bébés par adulte travaillant dans les crèches, qui était de cinq enfants ne marchant pas ou huit quand ils marchent, passerait à six bébés dans les deux cas. L’espace prévu par enfant serait réduit, ce qui fait hurler les travailleurs du secteur, qui considèrent qu’on veut empiler les bébés au lieu de les accueillir correctement, et qui ont créé un collectif « Pas de bébé à la consigne ». En fait, le gouvernement essaye de camoufler son refus de créer de nouvelles structures indispensables en entassant les bébés dans celles existantes.

Le matin et le soir, un seul adulte pourrait accueillir les enfants, au lieu de deux aujourd’hui. De même, face au manque d’infirmières et d’auxiliaires puéricultrices formées, le gouvernement propose de réduire le nombre minimum de travailleurs formés professionnellement exigé pour le bon fonctionnement d’une crèche. C’est une façon assez hypocrite de faire des économies sur les salaires dans ce secteur.

L’ampleur de la dégradation prévue par le dispositif est masqué derrière toute une communication sur l’uniformisation des règles, un plus grand suivi des dossiers judiciaires des professionnels, une charte d’accueil, etc. Il ne manque que la création d’un numéro vert pour que les bébés puissent porter plainte ! Mais la réalité est bien plus prosaïque. Non seulement le gouvernement s’apprête à faire des économies sur l’accueil des bébés et donc leur développement futur, mais il favorise en même temps les crèches privées.

À l’heure actuelle, en comptant tous les modes d’accueil disponibles : crèches, assistantes maternelles, etc., il existe l’équivalent de 58,9 places pour 100 enfants. Et le gouvernement ne prévoit d’en créer que 22 000 en plus, ce qui n’amènerait même pas à 60 places pour 100 enfants. Autant dire que ceux qui protestent contre cette politique ont toutes les raisons de ne pas désarmer.

Marion AJAR