Migrants : liberté de circulation !

24 Mars 2021

Nabody, une fillette malienne de deux ans, secourue mourante en pleine mer alors qu’avec une cinquantaine d’autres migrants elle tentait de gagner les Canaries sur une embarcation de fortune, est finalement décédée dans un hôpital de l’archipel.

Ce sauvetage médiatisé et ce décès ont soulevé une légitime émotion en Espagne. La mort de cette fillette n’est malheureusement ni la première ni la dernière. En Afrique, la crise économique a privé de ressources nombre de travailleurs précaires ou employés dans le tourisme ou la pêche. De nouveau, des dizaines de milliers d’hommes et femmes n’ont plus d’autre solution que de partir tenter leur chance ailleurs. En 2020, ils étaient plus de 23 000, huit fois plus qu’en 2019, à avoir pris la mer entre l’Afrique et les Canaries, îles espagnoles et porte d’entrée de l’Europe. Au moins 1 851 y ont perdu la vie. Nabody est la 19e victime de ce périple depuis le 1er janvier.

Bien que cette route soit connue comme des plus mortelles, les migrants sont de plus en plus nombreux à l’emprunter au péril de leur vie. Ils y sont poussés par les gouvernements européens. Ceux-ci ont non seulement fermé leurs frontières, livrant les migrants aux mains de passeurs qui les embarquent dans des esquifs, mais ils ont aussi passé des accords avec plusieurs pays, comme la Libye ou la Turquie, pour qu’ils se chargent de fermer eux-mêmes les routes réputées moins périlleuses permettant de franchir la Méditerranée.

Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, a lui aussi trouvé bon de faire part de sa douleur après le décès de Nabody. Mais lui comme Macron et les autres chefs de gouvernements qui font de l’Europe une forteresse en sont directement responsables.

Serge BENHAM