Hôpital psychiatrique : manque dramatique de moyens

24 Mars 2021

« Des médecins aux agents d’entretien, le personnel de l’hôpital psychiatrique de Jury, en Moselle, est à bout. Certains travaillent dans les pavillons Covid quotidiennement depuis un an maintenant. Nous venons tout juste de sortir d’une vague bien pire que la première. Le dernier gros cluster de l’hôpital s’est stabilisé il y a de ça à peine deux semaines. Malgré cela il reste des cas positifs au Covid dans différents bâtiments, dont un majoritairement contaminé qui tend à devenir un nouveau cluster. Ce serait le septième de l’hôpital depuis décembre !

Le manque de moyens et la dégradation des hôpitaux psychiatriques ne datent pas d’hier, mais ont empiré avec la crise sanitaire. Les pavillons de l’hôpital sont anciens et ne permettent pas les gestes barrières. Il y a des chambres à deux voire trois lits, les sanitaires et salles de bains… tout est collectif. Difficile dans ces conditions d’isoler les personnes contaminées.

Les congés sont repoussés et les heures supplémentaires sont quasi obligatoires. Les temps de pause ne sont pas pris à cause de la charge de travail écrasante, aggravée pour faire les chambres des patients positifs. Sans oublier le risque de contamination qui est très élevé. Beaucoup de collègues sont déjà tombés malades, certains avec des difficultés de rémission, plusieurs sont à risque. Et pourtant on nous demande de ne pas nous déclarer, si l’on est positif mais asymptomatique, et donc de venir travailler. Ces dernières semaines, pour deux bâtiments, une bonne vingtaine d’employés étaient positifs, sans compter les patients.

La situation des patients est dramatique avec cette crise sanitaire. Ils sont enfermés dans leurs chambres pendant plusieurs jours ou semaines, suivant la situation de leur bâtiment. Alors qu’ils se trouvent déjà dans un endroit clos, les visites sont annulées.

Enfin, l’annonce vient de tomber : pour les agents d’entretien, employés d’Onet, l’entreprise qui fait le ménage dans l’hôpital, pas de prime. Seuls la charge de travail et les risques augmentent, tout ça avec le même temps imparti et moins de personnel du fait des arrêts maladies. Aucune reconnaissance pour les travailleurs dits invisibles, mais qui sont indispensables pour le bon fonctionnement de l’hôpital encore plus en temps de crise sanitaire ! »

Une lectrice de Metz