Castex dans la Nièvre : moins d’écoles, d’emplois, de structures médicales…

24 Mars 2021

Le 9 mars, le Premier ministre, Jean Castex, était dans la Nièvre pour présenter l’acte II du plan Ségur pour l’hôpital. À Cosne-sur-Loire, il s’est d’abord « enthousiasmé ». Il y avait, a-t‑il dit, « une vive inquiétude sur l’offre de soins à Cosne-sur-Loire. La mobilisation à partir de l’impulsion que j’ai donnée a été formidable. »

Ainsi le Premier ministre était content d’annoncer que l’hôpital serait « reconstruit avec ses urgences, ses services de médecine, ses soins de suite et de réadaptation ». Mais en réalité c’est d’un hôpital au rabais qu’il parle. L’offre de soins ne sera pas maintenue à Cosne-sur-Loire car, pour cela, il aurait fallu maintenir la chirurgie et la maternité qui y étaient il n’y a pas si longtemps.

Pendant que le Premier ministre entérine la diminution des soins hospitaliers, alors qu’il y a une grave pénurie de médecins dans le département, les plans de licenciements se multiplient.

Ce que les patrons appellent un plan social a été annoncé à l’usine U-Shin à Nevers, où il y aurait 200 licenciements. D’après la direction, la raison serait l’annonce de l’arrêt dans deux ans de la production d’antivols (Neiman) et de verrous de voiture. Mais quand en février 2013 Valeo a vendu son activité Mécanisme d’accès à U-Shin, il y avait 580 travailleurs dans l’usine de Nevers. Il y a un an, en mars 2019, le groupe japonais Minebea Mitsumi a lancé une OPA (offre publique d’achat) sur U-Shin et en a pris le contrôle. Les antivols et les verrous de voiture ne sont sans doute pas la principale raison des licenciements annoncés.

Ces licenciements s’ajou­tent à d’autres. À Imphy, le groupe Eramet a décidé de licencier dans sa filiale Aubert et Duval ; 31 licenciements sont prévus. À Nevers, le restaurant Flunch ferme et cela va entraîner 23 licenciements. Ces licenciements récents s’ajoutent à la fermeture d’Altifort-Vallourec et Conforama à Cosne-sur-Loire, avec 147 licenciements en 2019. En 2018, à Nevers, l’usine Selni, fabriquant des moteurs de machines à laver, fermait, avec 74 licenciements. Quelques mois auparavant, c’était l’usine Anvis à Decize (caoutchouc automobile et industriel) qui licenciait 220 personnes sur 450.

L’Éducation nationale vient d’annoncer, comme les années précédentes, son plan de suppressions de postes pour le département. Douze classes de primaire et maternelle seront fermées et 22 postes supprimés dans le secondaire. Deux villages, Ternant et Saint-Seine, n’auront plus d’école. Dans le secondaire, il y aura des classes de sixième à 30 élèves ou des classes supprimées, comme au lycée Maurice-Genevoix à Decize.

La Poste vient aussi de décider de réduire les horaires d’ouverture dans vingt bureaux dans le département. 150 emplois y ont disparu en six ans. À EDF, on est passé de 500 travailleurs à 150. À l’Équipement, il y avait 1 100 agents, ils ne sont plus que 200.

Les élus locaux se lamentent régulièrement sur la désertification du département et proposent, encore et toujours, des subventions pour attirer de l’activité. Mais depuis des décennies des millions ont été déversés à fonds perdu dans les coffres-forts, et les licenciements n’ont pas cessé.

Dans les services publics, ou ce qu’il en reste, l’État fait des économies en taillant dans les structures existantes et en supprimant des postes. Pour faire plus de profits, les industriels réor­ga­ni­sent et suppriment des emplois. Public-privé, c’est la même politique criminelle. Pour les travailleurs, cela doit être la même lutte.

Correspondant LO