Grèce : acharnement contre un prisonnier politique

17 Mars 2021

En Grèce, Dimitri Koufodinas, condamné à la prison à vie comme membre de l’organisation d’extrême gauche 17 Novembre (17N), vient, dans un état critique, de cesser sa grève de la faim le 14 mars.

Âgé de 63 ans, après 66 jours sans s’alimenter, il avait été hospitalisé en soins intensifs, son état s’étant considérablement détérioré.

Il avait débuté cette grève de la faim au début du mois de janvier pour obtenir le droit de retourner dans une prison près d’Athènes, où sa famille pourrait lui rendre visite. Le gouvernement de droite de Mitsotakis le lui refuse, au nom d’une loi votée par le Parlement en décembre 2020, qui durcit le régime imposé aux condamnés pour terrorisme.

En 2002, son organisation a été démantelée, ses membres jugés et condamnés à de lourdes peines. Koufodinas, considéré comme son inspirateur, a été condamné à onze reprises à l’emprisonnement à perpétuité. Après seize ans dans une prison de haute sécurité, il avait obtenu son transfert dans un centre de détention rural, un peu moins dur, ainsi que quelques permissions de sortie, comme le prévoyait la loi pour tout détenu, de petits aménagements que la nouvelle loi a supprimés.

Mille avocats, hommes de loi, juristes ont signé une tribune réclamant la fin de cette mesure d’exception. Un certain nombre de protestataires l’estiment conçue exprès contre ce détenu, le seul concerné, par un chef de gouvernement animé de mobiles politiques et personnels.

Le gouvernement campe sur ses positions au nom de l’ordre, et d’une politique sécuritaire qui prend consciemment le risque de transformer une peine de prison à vie en peine de mort.

Sylvie MARÉCHAL