Frontaliers lorrains : les tracasseries se multiplient

17 Mars 2021

16 000 Mosellans vont travailler tous les jours en Sarre, en Allemagne.

Depuis le 2 mars, ils ont l’obligation pour franchir la frontière de présenter un test PCR ou antigénique de moins de 48 heures. La même exigence vaut pour les milliers de frontaliers qui vont faire leurs courses, voir leur famille ou font leurs études de l’autre côté de la frontière.

Samedi 13 mars, pour le deuxième samedi de suite, les frontaliers ont manifesté à la frontière contre cette mesure qui leur empoisonne la vie, et finit même par irriter les narines à force de tests ! Ils étaient à chaque fois plus de 200, frontaliers et gilets jaunes, à montrer leur désapprobation face à cette fermeture des frontières. Une nouvelle manifestation était prévue samedi 20 mars.

Certes, des centres de dépistage gratuits ont été installés. Mais bien des frontaliers sont obligés de jongler avec les horaires pour se faire dépister alors qu’il reviendrait aux employeurs d’organiser les tests dans les entreprises. Mais d’un côté de la frontière comme de l’autre, toutes les contraintes pèsent sur les travailleurs et non sur les patrons.

Pour les travailleurs frontaliers de Moselle Est dont l’emploi est au Luxembourg et qui avaient l’habitude de passer par l’Allemagne, c’est aussi la galère : faute de pouvoir présenter un test, ils doivent faire un détour de 50 à 80 kilomètres et passer par Metz et Thionville et une A31 complètement saturée. Cela signifie un temps de transport supplémentaire de près de deux heures par jour.

Incapables de faire face à l’épidémie et incapables d’une action commune, les gouvernements multiplient les tracasseries pour les travailleurs. Ainsi, le covoiturage est interdit à plus de deux personnes par véhicule… avant d’aller à plusieurs centaines s’entasser dans des usines !

Étienne HOURDIN