Une pénurie entretenue

10 Mars 2021

Au 8 mars, l’Union européenne avait reçu 57 millions de doses de vaccin, les États-Unis 110 millions et le Royaume-Uni 7,5 millions.

La population de l’ensemble de ces pays totalise près de 800 millions d’habitants. Comme il faut deux doses pour vacciner une personne, cela signifie que les grands trusts pharmaceutiques n’ont livré de quoi vacciner qu’un peu plus d’une personne sur dix. Et il s’agit là des pays les plus riches de la planète.

Les milliards d’euros et de dollars que l’industrie pharmaceutique a encaissés n’ont pas été utilisés pour préparer une véritable vaccination de masse.

Sans parler des centaines de millions de doses préachetées, des dizaines de milliards d’euros et de dollars ont été données aux grands groupes pharmaceutiques au prétexte de les aider à produire leurs vaccins. L’Union européenne a versé pour cela au moins 2,9 milliards d’euros et les États-Unis 14 milliards de dollars. Et cet argent a été manifestement utilisé à d’autres fins.

Dans le monde de la finance, l’effervescence autour des vaccins et des traitements contre le coronavirus a en effet entraîné une frénésie de spéculation. 2020 a été une année record : 134 milliards de dollars ont été injectés dans le secteur des biotechnologies au niveau des Bourses mondiale. Et les deux premiers mois de l’année 2021 sont déjà des mois historiques d’après les spécialistes. C’est à cela qu’a été consacrée la majorité des capitaux de l’industrie pharmaceutique, dont seule une très faible partie a réellement été utilisée pour construire de nouvelles lignes de production de vaccins et recruter et former des travailleurs pour les faire fonctionner.

Les vaccins continueront donc à arriver au compte-gouttes, la pénurie n’est pas près de se terminer et la pandémie de s’arrêter. Mais les trusts pharmaceutiques et les spéculateurs se préparent une nouvelle année exceptionnelle…

Pierre ROYAN