Banques : des sangsues

10 Mars 2021

Avec la crise économique, beaucoup se trouvent dans l’incapacité de rembourser des crédits parce qu’ils ont perdu leur emploi ou se retrouvent au chômage partiel, ou ont vu leur salaire diminuer.

Mais les banques, en revendant ces crédits à des sociétés de recouvrement, ont trouvé un nouveau moyen de faire de l’appauvrissement des travailleurs une source de profits.

Actuellement les crédits impayés représentent 22 milliards d’euros. Les banques refusant de s’asseoir dessus, elles les revendent à prix cassés à des sociétés de recouvrement et par là même, elles économisent le coût de gestion de ces dossiers. Avec l’aggravation de la crise économique, la Banque centrale européenne les encourage d’ailleurs à multiplier cette pratique.

Les débiteurs reçoivent alors chaque semaine des coups de téléphone, des SMS, des courriers de la part de ces sociétés pour les presser de rembourser. Tous les moyens sont bons, y compris à la limite de la légalité. Au téléphone, les opérateurs se renseignent pour savoir si la famille reçoit des allocations familiales ou la prime de Noël, autant d’indices que la famille pourrait rembourser une partie de la dette. Ce marché des créances douteuses pourrait rapporter 7 milliards d’euros en 2021 à ces organismes d’usuriers.

Mais l’usure et la capacité de faire payer tout plus cher aux pauvres n’est pas l’apanage de ces mafieux. Les banques savent le faire depuis toujours. Lorsqu’ils sont à découvert, ils doivent payer des agios. Et quand ils dépassent leur découvert autorisé, ils payent des frais d’incident bancaire. Cela peut être par exemple 8 euros pour chaque retrait au distributeur, 8 euros pour un paiement en carte bleue et jusqu’à 40 euros pour un chèque rejeté, 7,5 euros pour l’envoi d’un courrier de la banque, jusqu’à 20 euros pour un rejet de paiement d’une facture de téléphone ou d’électricité… 3,4 millions de personnes payent de tels frais d’incident bancaire, ce qui rapporte aux banques 6,5 milliards d’euros par an.

Les travailleurs en manque d’argent ont toujours représenté une source d’enrichissement pour les banques. Avec l’aggravation de leurs conditions de vie, ils représentent un marché porteur pour les banques et les sociétés de recouvrement.

Joséphine Sina