Tests : pénurie de plastique

03 Mars 2021

Le polypropylène (PP) est un plastique couramment utilisé dans le bâtiment, l’automobile, l’agroalimentaire, mais également la santé. Son rôle important dans la fabrication de masques FFP2, les analyses et les tests PCR lui vaut le surnom d’« or blanc ».

Or, en raison des arrêts répétés des raffineries qui fabriquent ce produit, une pénurie menace. Concernant les kits de séquençage des variants du coronavirus, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a déclaré le 17 février : « Nous disposons de deux semaines de stocks dans le secteur public, de deux mois dans le secteur privé. » Conséquence de cette pénurie, les plasturgistes se sont rués sur les stocks et les prix flambent. Le PP a augmenté de 25 % en deux mois. Son importation depuis la Corée du Sud coûte six fois plus cher qu’il y a un an.

On peut comprendre que la vague de froid au Texas ait pu contraindre des sites à l’arrêt. Mais comment expliquer qu’en Europe huit sites ont connu des périodes d’arrêts pour raisons techniques ? Tous invoquent un cas de force majeur, argument qui les met à l’abri des poursuites juridiques, sans avoir à se justifier. Parmi ces sites, il y a la raffinerie Total de Gonfreville, près du Havre, la plus importante de France, mise en service en 1933, dont la vétusté n’est pas un mystère, et qui connaît régulièrement des incidents techniques.

Dans la lutte contre l’épidémie, le goulot d’étranglement dans la production du PP s’ajoute à celui qu’on connaissait déjà pour la production de vaccins. Dans les deux cas, ce sont les petits calculs d’entrepreneurs capitalistes qui imposent leur rythme.

Denis Aler