Moyen-Orient : Biden dans les pas de Trump

03 Mars 2021

Jeudi 25 février, le nouveau président américain a ordonné des raids aériens dans le nord de la Syrie, à la frontière avec l’Irak, qui ont tué une vingtaine de personnes.

Selon l’administration Biden, ces bombardements visaient des convois de munitions alimentant les milices pro-iraniennes Kataeb Hezbollah. Elle présente ces tirs comme une riposte après les attaques menées par ces milices contre des intérêts américains, à la mi-février sur une base militaire à Erbil dans le Kurdistan, et quelques jours après contre l’ambassade américaine à Bagdad.

En janvier 2020, Ghassem Soleimani, le général qui commandait les troupes iraniennes et les groupes paramilitaires engagés dans les diverses guerres du Moyen-Orient, a été assassiné par les services secrets des États-Unis. Cela a provoqué des ripostes contre les nombreux intérêts américains dans la région. L’élection de Biden en novembre dernier, avec sa promesse de lever l’embargo contre l’Iran, a conduit les milices pro-iraniennes à faire une trêve. Les tergiversations américaines les ont poussées à reprendre les attaques.

Depuis au moins dix-huit ans, c’est-à-dire depuis l’invasion de l’Irak par les troupes américaines en 2003 sous George W. Bush, suivie de la destruction méthodique de son appareil d’État et de l’instrumentalisation des divisions ethniques et religieuses, l’Irak puis la Syrie ont été ravagés par la guerre. De ce chaos est né Daech, dont l’élimination a entraîné la destruction de villes comme Mossoul ou Raqqa et des centaines de milliers de morts. Des groupes armés rivaux, soutenus par les puissances régionales, la Turquie, l’Iran ou l’Arabie saoudite, maintiennent encore la région dans une violence permanente.

Derrière ces parrains régionaux, les puissances impérialistes, à commencer par les États-Unis, interviennent pour affaiblir les uns, soutenir les autres, en y ajoutant parfois un assassinat ou des bombardements par leurs propres services.

Même quand Biden promet une renégociation des accords sur le nucléaire iranien remis en cause par Trump, il commence par affirmer une position de force.

De ce point de vue, si Biden a remplacé Trump, cela ne change pas la détermination des États-Unis et de leurs alliés européens à défendre coûte que coûte les intérêts de l’impérialisme dans la région.

Xavier LACHAU