Jeunes sans travail : Macron, mentor professionnel

03 Mars 2021

Macron et deux de ses ministres se sont déplacés en Seine-Saint-Denis le 1er mars afin de présenter des mesures destinées, selon eux, à aider les jeunes à la recherche d’un emploi ou d’un stage en entreprise.

Le chômage touche désormais plus de 20 % des jeunes à la recherche d’un emploi. De plus, des centaines de milliers d’élèves en Bac Pro, en alternance ou en BTS peinent à trouver une place en stage, alors même que c’est la condition nécessaire pour valider leur formation. Quant à ceux, également issus des milieux populaires, qui financent leurs études avec des petits boulots, ils en sont maintenant réduits à attendre les secours alimentaires des associations. La pandémie n’a fait là encore qu’exacerber la situation.

Macron a bien évidemment prétendu détenir la solution en proposant son nouveau plan, « Un jeune, un mentor », doté de trente millions d’euros. Et d’annoncer, face à l’angoisse de millions de jeunes, 100 000 mentors pour cette année et 200 000 l’an prochain, le mentor étant l’adulte, si possible employeur, capable de mener le jeune vers l’emploi. Ce plan est du même genre que le précédent, « Un jeune, une solution », dont le site ne propose rien d’autre que celui de Pôle emploi, dont il est le copier-coller. Macron fait des visites, ses communicants lui inventent chaque fois de nouveaux slogans ; la vie réelle, celle des jeunes comme celle de tout le monde du travail, se dégrade.

Il serait pourtant faux de prétendre que le gouvernement n’a à proposer aux jeunes travailleurs que des discours. Il a commencé son mandat en supprimant des centaines de milliers d’emplois aidés, dont un certain nombre étaient occupés par des jeunes. Il a serré la vis aux multiples associations, directement ou en affamant les collectivités locales, qui constituent une mine d’emplois utiles, formateurs et rémunérés, pour les jeunes des milieux populaires. Et d’un autre côté il a, sous prétexte d’aider les jeunes, offert de la main-d’œuvre gratuite aux patrons, en payant les salaires de leurs apprentis ou des jeunes embauchés sous contrat. Cela n’a créé aucun emploi, car les employeurs n’ont pris que les travailleurs dont ils avaient de toute façon besoin, mais cela a constitué une aubaine pour eux.

Arroser le patronat n’a jamais fait pousser les emplois, mais cela n’empêche pas les gouvernements de continuer cette pratique, année après année, président après président.

Paul GALOIS