Extrême droite : des idées bonnes pour la poubelle

03 Mars 2021

Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a dissout Génération identitaire, groupuscule à la rhétorique violemment antimigrants et antimusulmans. Une mesure qui malheureusement ne peut pas suffire à enrayer la progression de l’extrême droite et la propagation de ses idées.

Génération identitaire s’est fait connaître par des coups médiatiques. L’occupation symbolique de la frontière italo-française en 2018 par quatre-vingts de ses membres est un des plus connus. Jusqu’à présent, l’État s’est toujours montré complaisant envers ces apprentis nazis et la justice les a, jusqu’à présent, presque toujours relaxés, alors même qu’elle condamnait des militants pour avoir aidé des migrants. L’avocat de Génération identitaire n’a pas manqué de mettre ce fait en avant pour dénoncer la procédure de dissolution.

Croire que l’État et ses lois peuvent aider à combattre le danger de l’extrême droite serait de toute façon une illusion grave. Cela fait maintenant près de quarante ans que l’extrême droite, à travers les scores électoraux du FN (aujourd’hui le RN), pèse sur la vie politique. Sous prétexte de diminuer son influence, les partis gouvernementaux n’ont cessé de reprendre à leur compte sa démagogie anti-immigrés. C’est évident de la part d’un Sarkozy et des Républicains. Mais la gauche ne fait pas mieux. Le socialiste Manuel Valls, lorsqu’il était Premier ministre, appelait l’Europe à fermer ses frontières aux migrants.

L’attitude du gouvernement actuel se situe dans cette lignée. Darmanin engage la dissolution de Génération identitaire au moment même où il présente sa loi contre le séparatisme, qui vise à stigmatiser la population musulmane.

En distillant le poison raciste, en désignant comme ennemis principaux aux travailleurs français, non pas les capitalistes de leur propre pays, mais leurs frères de classe, l’extrême droite constitue une menace mortelle qu’il faut combattre. Mais c’est sur le terrain social que ce combat peut être mené avec succès, par la remontée des luttes ouvrières contre l’organisation capitaliste de la société, qui engendre la misère dont sont victimes tous les travailleurs.

C’est surtout en faisant en sorte que la classe ouvrière retrouve dans le drapeau rouge de l’internationalisme communiste une boussole pour ses combats.

Denis Aler