États-Unis : Mumia Abu-Jamal laissé sans soins

03 Mars 2021

Mumia Abu-Jamal, ce militant noir détenu depuis 1982 aux États-Unis pour un crime qu’il n’a pas commis, est en danger.

Atteint du Covid, selon sa porte-parole Johanna Fernandez, il a fait état de difficultés croissantes à respirer et de douleurs dans la poitrine, mais l’administration de la prison a rejeté l’hypothèse de symptômes liés à la pandémie et refusé de le soumettre à un test de dépistage. C’est d’autant plus abject qu’à 66 ans il est atteint de plusieurs comorbidités (cirrhose du foie, glaucome, diabète).

Ce refus du dépistage est une politique commune des prisons outre-Atlantique, qui entendent utiliser la pandémie comme une forme d’exécution silencieuse pour les prisonniers âgés et vulnérables.

À deux reprises, la mobilisation internationale a tiré Mumia du couloir de la mort. Condamné aujourd’hui à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle, les autorités pénitentiaires auraient ainsi trouvé une autre façon de l’exécuter.

Les soutiens de Mumia n’ont pas l’intention de laisser faire. Ils exigent que tous les prisonniers puissent bénéficier d’un test de dépistage et de soins médicaux pour les cas positifs au Covid, d’une libération conditionnelle pour ceux atteints par cette maladie ainsi que pour les détenus de plus de 50 ans dont la vulnérabilité les exposerait à la pandémie. Ce serait bien le moins.

Jacques FONTENOY