Blanquer et le virus : la salive gouvernementale coule à flots03/03/20212021Journal/medias/journalnumero/images/2021/03/2744.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Blanquer et le virus : la salive gouvernementale coule à flots

Invoquant son « objectif fondamental qui est que les écoles restent ouvertes », le ministre de l’Éducation a annoncé une campagne de dépistage massif à l’aide de tests salivaires pour les élèves de tous âges. Il fait mine de découvrir ce que les enseignants réclamaient depuis des mois !

Dès le retour des élèves de la zone A, le 22 février, Blanquer se targuait de faire tester chaque semaine entre 50 000 et 80 000 enfants de maternelle et de primaire, partant du principe que les tests avec prélèvement de salive seraient plus faciles à réaliser chez les petits qu’au moyen d’un écouvillon enfoncé jusque dans le pharynx.

Pour tester suffisamment d’élèves, le ministre a tout bonnement envisagé de mettre le personnel des écoles à contribution, ce qui a bien évidemment provoqué des réactions. Comptait-il que les enseignants, déjà bien occupés à gérer la classe, à séparer les enfants dont les parents n’autoriseraient pas le test, apprennent à faire saliver les élèves dans un tube, à manipuler et étiqueter celui-ci, en admettant qu’on leur fournisse les tenues protectrices adéquates ?

Le manque de médecins et d’infirmières scolaires est évident : ces dernières doivent actuellement prendre en charge environ 1600 élèves chacune, soit un peu plus d’une demi-heure par an à consacrer à chaque élève, tous niveaux confondus. Et rien n’a été fait pour créer des postes, encore plus indispensables en cette période de crise sanitaire et sociale. Mais tenter de compenser cela par la mobilisation des autres catégories de personnel des écoles avait de quoi provoquer un tollé.

Blanquer s’est donc hâté de revenir sur ses intentions, en bredouillant qu’il n’était question pour les enseignants et administratifs que d’accompagnement des tests, ceux-ci étant « réalisés par des personnels de santé, chacun est dans son métier, évidemment ». Et, qui dit mieux, d’afficher lors d’une visite à Vesoul, le 2 mars, ses calculs portant le nombre de tests à « 200 000 vers le 7-8 mars et 300 000 par semaine vers le 15 mars ». Même si les prévisions du bonimenteur de la rue de Grenelle se réalisaient, il faudrait alors quarante semaines pour tester les 12 millions d’élèves !

Pour vendre de façon plus convaincante sa camelote, Blanquer vient de dégainer, en vue de la campagne de dépistage, le recrutement de 1700 étudiants-médiateurs, en formation de biologie, pharmacie ou tout autre domaine, qui seraient payés… tôt ou tard. Au ministère de l’Éducation, on n’est plus à une galéjade près.

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