RER B : Alstom retarde le remplacement des rames

10 Février 2021

La plupart des 158 rames qui circulent sur le RER B ont près de quarante ans et 146 nouvelles rames devraient être mises en circulation en 2025. Mais, le 4 février, Alstom a annoncé qu’il retirait l’offre de Bombardier transport, qu’il vient de racheter.

C’est un consortium composé par le groupe canadien Bombardier et le groupe espagnol CAF qui avait décroché ce super contrat de 2,56 milliards d’euros. Alstom, devenu codétenteur de ce marché grâce au rachat de Bombardier, refuse maintenant d’endosser la responsabilité des contrats signés par l’ancienne direction.

Le groupe met en avant des irrégularités dans la procédure d’offre et réclame, devant les tribunaux, l’adoption de la proposition qu’il avait faite en tant qu’Alstom lors de l’appel d’offres, sans doute plus avantageuse en termes de profits.

Cette bataille juridique risque fort de retarder la construction des nouvelles rames, et ce sont les usagers qui vont en faire les frais.

Avec un million de voyageurs par jour (hors pandémie), le RER B est la deuxième ligne ferroviaire la plus fréquentée d’Europe. On y voyage serrés les uns et contre les autres et, l’été, dans une chaleur suffocante. Les nouvelles rames, plus spacieuses et climatisées, seraient donc les bienvenues.

La présidente d’Île-de-France Mobilités, Valérie Pécresse, a exprimé sa crainte que les recours d’Alstom « nous fassent prendre vraiment beaucoup, beaucoup de retard sur la commande, ce serait au détriment des voyageurs et ce n’est pas acceptable ».

Celle qui entend accélérer la mise en concurrence du réseau de transports parisiens semble découvrir que le moteur de l’économie de marché, ce n’est pas l’intérêt de la collectivité, mais le profit. Cela dit, elle n’est pas allée jusqu’à accuser Alstom de prendre les usagers en otages.

Correspondant LO