Pesticides : le poison capitaliste

10 Février 2021

Alors que le gouvernement français a affiché un objectif de réduction de moitié de l’utilisation des pesticides d’ici 2025, un rapport de la fondation Hulot publié mardi 9 février démontre que celle-ci a augmenté de 25 % en dix ans.

Le rapport pointe du doigt la responsabilité des plus grandes exploitations dans cette augmentation ainsi que celle de l’État et des subventions publiques.

Ces subventions, 23 milliards par an versés au titre de la Politique agricole commune, d’aides nationales et d’allégement fiscaux, sont largement captées par les plus grandes exploitations dont le souci n’est pas d’utiliser moins de pesticides. Ainsi le rapport de la fondation Hulot montre que seulement 220 millions, 1 % du total, ont eu un effet dans ce sens, la plupart des aides n’étant même pas soumises à conditions. En la matière, la lutte contre les pesticides est donc surtout de l’affichage, l’essentiel des aides alimentant les profits de grosses exploitations qui sont en fait de véritables entreprises capitalistes.

Le rapport souligne aussi que 9 % des exploitations ont augmenté leur consommation de pesticides de 55 % en dix ans quand les moins utilisatrices ont baissé la leur de 1 % sur la même période. Ces 9 % font partie des plus grandes exploitations. Tout le système les entraîne vers l’utilisation de pesticides et ce sont celles où s’investissent le plus de capitaux. Elles sont aussi celles qui sont les plus endettées, parce que leurs parcelles sont très étendues et impliquent, entre autres, l’utilisation de machines agricoles toujours plus perfectionnées et plus imposantes, qui se paient à coup d’emprunts bancaires, le rendement allant ainsi aux banques qui ont prêté. L’agriculture devrait d’abord nourrir les hommes le plus sainement possible. Dans une société organisée sur la base du marché et de la recherche du profit, cette motivation devient secondaire.

Serge BENHAM