Flunch : pour les profits de Mulliez

10 Février 2021

Le groupe de restauration Flunch, qui compte 227 restaurants et 5 000 salariés, a annoncé la fermeture de 60 restaurants et la suppression de 1 300 emplois.

Il serait en difficulté au point d’avoir dû demander l’ouverture d’une procédure de sauvegarde auprès du tribunal de commerce de Lille, ce que celui-ci lui a accordé le 29 janvier. Cette procédure permet à une entreprise, entre autres choses, d’étaler ses dettes. Les salariés licenciés, en revanche, n’auront pas ces possibilités alors que se retrouver sans emploi dans le contexte actuel signifie s’enfoncer dans le cycle infernal du chômage, des factures impayées et du surendettement.

La direction de la chaîne de restauration se plaint de la baisse de 57 % par rapport à 2019 de son chiffre d’affaires, du fait des fermetures. Dans un communiqué, elle explique vouloir « se donner du temps en termes de trésorerie en attendant la reprise de l’activité commerciale dont la date reste toujours incertaine, et de poursuivre son plan de transformation ‘‘Cap à cinq ans’’ déjà engagé ». Le groupe en profitera donc pour poursuivre sa réorganisation sur le dos des salariés. « Malgré les annonces des pouvoirs publics, les groupes de restauration comme les nôtres ne bénéficient pas des mêmes aides que celles des indépendants, du fait des plafonds » déplore sans rire la direction cette fois dans un courrier envoyé aux responsables de restaurants. C’est ce qu’on appelle pleurer la bouche pleine.

Flunch n’est pas un petit restaurant au bord de la faillite. C’est un groupe qui appartient à la famille Mulliez, une des plus grosses fortunes du pays, classée au sixième rang selon la revue Challenge, et propriétaire d’Auchan, de Leroy-Merlin et de Décathlon, entre autres. Sa fortune professionnelle était estimée à 26 milliards d’euros en 2020. Ces milliards doivent servir à maintenir tous les emplois et les salaires.

Aline RETESSE