Prix alimentaires : les trusts imposent leurs choix

03 Février 2021

Samedi 23 janvier, des agriculteurs ont manifesté un peu partout en France pour dénoncer les négociations qui se tiennent actuellement entre la grande distribution et les trusts de l’agroalimentaire, et qui chaque année ont pour objet de fixer leurs prix.

À juste titre, les paysans craignent que ces grands groupes règlent encore une fois leurs conflits aux dépens des producteurs. Cette année encore plus que les précédentes, c’est la foire d’empoigne entre les groupes industriels et la grande distribution. Les premiers prétendent qu’ils ne peuvent pas vendre moins cher aux grandes surfaces car le coût des matières premières, comme les céréales, a explosé. Quant aux seconds, ils prétextent qu’ils ne peuvent pas baisser leurs prix à cause des trusts de l’agroalimentaire.

Tous ces capitalistes prétendent que leur situation est devenue difficile avec la crise sanitaire, mais 2020 a été une année faste pour leurs affaires. Les achats de produits de consommation courante en grande surface ont augmenté de 6,5 %, bien plus qu’en 2019. De la même manière, sur les 18 plus gros groupes industriels fournisseurs des supermarchés, 17 ont développé leurs ventes, comme Lactalis, Nestlé ou Danone.

En fait, les uns comme les autres veulent avant tout maintenir leurs profits et les dividendes aux actionnaires. Pour cela, ils multiplient les attaques contre leurs propres salariés, écrasent les petits paysans en leur imposant des prix toujours plus bas, et volent les travailleurs et l’ensemble des classes populaires, en tant que consommateurs.

Les paysans se battent pour défendre leurs intérêts, les travailleurs doivent faire de même et imposer au patronat que les salaires suivent l’augmentation réelle des prix.

Arnaud LOUVET