Enseignement professionnel à Paris : diminution d’horaires

03 Février 2021

En ce moment, parviennent dans les établissements scolaires du second degré les dotations horaires globales (DHG), le volume d’heures d’enseignement prévues par le rectorat pour la rentrée prochaine. À Paris à la rentrée prochaine, la baisse est considérable : 156 postes et 2070 heures de cours seront supprimés à l’échelle de la ville.

Alors que les lycées généraux et technologiques accueilleront 3030 élèves supplémentaires, l’an prochain, 42 emplois seront supprimés, ainsi que 758 heures qui s’ajoutent aux 750 perdues en 2020. Tous les niveaux sont touchés, mais l’enseignement professionnel, qui ne représente que 15 % des élèves, concentre à lui seul plus d’un tiers des suppressions de postes, avec 750 heures et une cinquantaine de postes qui disparaissent, soit en moyenne un poste par établissement. Plusieurs établissements connaissent une véritable saignée, perdant l’équivalent de trois à six postes. Cela signifie, pour les enseignants titulaires, une affectation sur plusieurs établissements. Pour des contractuels, cela peut signifier la perte leur emploi. Les conséquences sont aussi dramatiques pour les élèves.

Cette baisse provient pour une part de la réforme de la voie professionnelle qui a fait baisser le nombre d’heures auxquelles ont droit les élèves des lycées, en particulier dans les matières générales, et qui atteindra l’an prochain les classes de terminale.

Mais elle résulte surtout de la décision de fermer des classes et des filières, et d’entasser les élèves dans les filières restantes. Parmi la cinquantaine de lycées et sections d’enseignement professionnel, treize sections vont ainsi être supprimées. Ainsi, les classes de CAP ferment dans beaucoup d’établissements, et des regroupements de classes de baccalauréat permettent d’économiser sur les effectifs d’enseignants.

Dans la section professionnelle du lycée Dorian à Paris, il existe depuis 90 ans une filière de verrerie scientifique. Une autre filière forme à la conception d’enseignes lumineuses. Les élèves suivaient un CAP en deux ans ou un baccalauréat professionnel en trois ans. Le CAP en deux ans est supprimé, pour laisser place à un CAP en un an destiné à des adultes déjà diplômés. Les classes de baccalauréat de douze élèves seront fusionnées en classes de 24 élèves. Trois classes seront ainsi supprimées et 56 heures économisées par le rectorat. Les effectifs limités des sections industrielles permettaient aux élèves de bénéficier de bonnes conditions d’étude, en atelier comme en matières générales. L’entassement des élèves prépare au contraire l’échec pour beaucoup d’entre eux.

Alors que le ministre Blanquer prétend que rien n’est plus important que la scolarité des élèves, il démolit leurs conditions d’étude pour de sordides économies budgétaires.

Il faut qu’enseignants, parents d’élèves et élèves réagissent à la hauteur de l’attaque.

Correspondant LO