Emploi : hausse du chômage et… des grandes fortunes

03 Février 2021

Le ministère du Travail vient d’annoncer que le nombre de travailleurs inscrits à Pôle emploi a augmenté en 2020 de 7,5 % pour ceux qui n’ont aucune activité. Il y a six millions de chômeurs en France (y compris les DOM-TOM sauf Mayotte).

En Île-de-France, le nombre de chômeurs n’ayant exercé aucune activité durant cette période a même bondi de 15,3 %.

La responsabilité en est attribuée au Covid, aux confinements et à la baisse de l’activité économique. Mais c’est cacher la responsabilité du grand patronat, qui a profité de la crise sanitaire et économique pour détruire des emplois. C’est le cas par exemple de Michelin, Sanofi, Total, Danone, Renault, etc., qui ont annoncé des milliers de suppressions de postes alors que ces trusts ultra-riches accumulent des milliards de profits depuis des années, et pour certains particulièrement en 2019.

Certes l’activité économique a baissé en 2020, notamment dans l’aéronautique et le transport aérien. Mais les grands groupes de ces secteurs ont reçu des milliards d’aides de l’État comme c’est le cas d’Airbus, ADP, Air France et des constructeurs automobiles, alors qu’ils ont tous taillé dans leurs effectifs. Alors à quoi ont servi ces milliards, si ce n’est à maintenir les dividendes pour alimenter la fortune des gros actionnaires ?

Renvois d’intérimaires et de CDD, licenciements, suppressions d’emplois, fermetures d’usines, etc., tout cela a permis au patronat de faire produire les marchandises avec moins de travailleurs. D’ailleurs, d’après l’ONG Oxfam, la fortune des 43 Français les plus riches a augmenté de 175 milliards d’euros en un an. Et la richesse du premier d’entre eux, Bernard Arnault, patron du groupe de luxe LVMH, est même passée de 108 milliards d’euros en janvier 2020 à 152 milliards en décembre !

À l’autre bout de l’échelle sociale, pour environ 350 000 travailleurs sans emploi, c’est l’angoisse d’arriver en fin de droits. Pour un tiers d’entre eux, ce sera le RSA, pour un autre tiers les 506 euros de l’allocation spécifique de solidarité (ASS). Quant aux autres, ils resteront sans la moindre ressource.

Le gouvernement vient donc d’annoncer, une nouvelle fois, une petite prolongation jusqu’à fin février des allocations des chômeurs arrivant en fin de droits entre le 30 octobre 2020 et le 16 février 2021. Un filet de sécurité pérenne serait même à l’étude au ministère du Travail, tant le gouvernement est persuadé que les suppressions d’emplois vont se poursuivre.

Ceux qui font marcher la société ne veulent pas d’aumônes, mais des emplois correctement rémunérés !

Arnaud LOUVET