Union européenne : unis… mais pas trop !

27 Janvier 2021

Comme en mars dernier, alors que l’épidémie semble à nouveau échapper à tout contrôle, les fragilités de la construction européenne se révèlent, comme à chaque crise majeure.

L’achat par l’Union européenne des doses de vaccins pour l’ensemble des pays membres avait été présenté comme la démonstration d’une solide coopération. Une guerre des vaccins comparable à la guerre des masques du printemps dernier serait évitée. Les pénuries de doses ont réveillé les tensions. Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, avait rappelé : « En vertu des contrats que nous avons signés, aucun pays européen n’est autorisé à négocier ni à conclure de contrat en parallèle. » Le gouvernement allemand, confronté à une explosion épidémique depuis décembre qui a fait désormais 50 000 morts, a passé contrat avec Pfizer/BioNTech, pour l’achat de 30 millions de doses, contrat qui n’a pas été concrétisé à ce jour, mais auquel l’Allemagne n’a pas non plus officiellement renoncé. La Hongrie a annoncé acheter des doses du vaccin Spoutnik conçu en Russie. Ainsi, sur les vaccins, l’entente cordiale pourrait bien laisser la place au chacun pour soi et à la loi du plus fort.

Alors que le confinement et le couvre-feu s’imposent aux populations des pays membres, sans coordination d’ailleurs d’un État à l’autre, se déplacer à l’intérieur de l’Union européenne est, comme en mars dernier, redevenu une pomme de discorde, en particulier entre la France et l’Allemagne. Les deux gouvernements aimeraient bien maintenir la circulation des personnes et des marchandises pour la bonne marche des affaires, mais les restrictions et les contrôles, avec test Covid-19 négatif à présenter aux aéroports ou dans les ports en France, se multiplient, faisant dire à Merkel qu’une fermeture des frontières de l’Allemagne n’est pas exclue.

Bien sûr, dans ce retour des frontières et des contrôles dans l’Union européenne, les considérations de politique intérieure et les enjeux électoraux sont décisifs. Alors que la coopération la plus étroite, et pas seulement à l’échelle européenne, serait nécessaire pour lutter contre le Covid-19, l’Union européenne fait la démonstration, comme à chaque crise majeure, qu’elle n’est que l’addition de 27 États, chacun agissant en fonction de ses intérêts et du rapport de force.

Boris SAVIN