Réanimations : encore au bord du gouffre

27 Janvier 2021

Alors que l’épidémie continue de progresser, le nombre de personnes hospitalisées augmente de nouveau, notamment en réanimation.

Une fois de plus, on peut craindre un manque de places, l’arrêt d’une partie des activités hospitalières et des limitations de soins pour certains patients.

La question des places en réanimation est cruciale depuis le début de l’épidémie. Le risque de saturation de ces services a été une des principales justifications des confinements en mars comme en octobre. À chaque fois, les 5 000 places existantes n’ont pas suffi. Des milliers de places supplémentaires ont été ouvertes en catastrophe avec du personnel insuffisamment formé et un matériel pas toujours adapté. Pourtant, depuis un an, le gouvernement n’a pas créé réellement de nouvelles places. À chaque pic de l’épidémie, il compte sur le personnel pour se débrouiller.

À la fin du dernier confinement, le 15 décembre, il y avait un peu moins de 3 000 malades du Covid en réanimation, le reste des places étant occupé par d’autres malades. Depuis, les services sont restés pleins sans discontinuer. En Île-de-France, le week-end des 23 et 24 janvier, les patients ont souvent dû être hospitalisés loin de chez eux. Toute place qui se libère est rapidement occupée par un nouveau malade.

La crise sanitaire a montré les conséquences dramatiques de la politique d’économies menée par tous les gouvernements depuis des dizaines d’années. L’hôpital fonctionne en permanence à flux tendu et se retrouve en difficulté à la moindre augmentation d’activité. Le gouvernement n’a pas été avare de belles paroles mais il continue la même politique, même durant l’épidémie. Les moyens humains et matériels n’augmentent qu’en suivant la courbe de celle-ci. Il n’y a toujours pas de réserve et chaque pic est une nouvelle crise aux conséquences dévastatrices.

Vaccins et mesures barrières sont indispensables pour sortir de l’épidémie, mais il est tout aussi nécessaire d’augmenter en permanence les moyens des hôpitaux. Pour de nombreux patients, c’est une question vitale.

Jean POLLUS