Logement : loyers chers et hors-la-loi

27 Janvier 2021

Une étude publiée par l’association de consommateurs CLCV se rapportant aux annonces immobilières sur Paris montre que, pour 40 % d’entre elles, le plafonnement des loyers n’est pas respecté.

Les agences ne sont pas seules en cause, les particuliers louant directement leur bien seraient proportionnellement plus nombreux à faire fi de la loi.

Selon l’étude, sur Paris, « près de 1 500 euros par an sont supportés en toute illégalité par les locataires à cause de bailleurs ou de professionnels peu scrupuleux ». Elle cite un autre exemple, qui fait état d’un dépassement mensuel de 562,80 sur un deux-pièces meublé, soit 6 753,60 euros par an !

La loi dite Alur votée en 2014 et complétée par la loi Elan de 2018, a fixé les conditions d’encadrement des loyers dans les grandes villes, à Paris et Lille pour l’instant. Ces lois étaient supposées ouvrir la possibilité de louer un logement à un plus grand nombre de personne. Selon l’adresse, le nombre de pièces, l’année de construction et le type de bien, un loyer de référence est fixé. Si le loyer pratiqué est supérieur de 20 %, le locataire est en droit de demander une diminution du prix à son bailleur ; à l’inverse, le propriétaire peut proposer un nouveau loyer au locataire, à condition de le faire au moins six mois avant le renouvellement du bail.

Tout cela est bien joli sur le papier. D’abord, le prix de référence est calculé sur celui des immeubles voisins, de même catégorie, qui sont déjà dans ces villes hors des possibilités de paiement des travailleurs. Autant dire que, même si un juste prix est appliqué, il est lui aussi exorbitant. Et à supposer qu’un locataire fasse état de la loi pour obtenir une baisse de son loyer, combien de temps resterait-il ensuite dans son appartement ? Alors, dans une ville comme Paris, où la pénurie de logements permet tous les dépassements, beaucoup de locataires se voient bien forcés d’accepter le prix proposé, à condition d’avoir les moyens de le faire.

C’est la loi du marché, celle de l’offre et de la demande, qui fixe là aussi les prix des logements. La spéculation venant s’y greffer, en plus des malversations, les centres des grandes villes se vident des travailleurs, qui n’ont d’autre choix que d’aller toujours plus loin dans les banlieues pour espérer avoir un logement décent.

Marianne LAMIRAL