Emploi : des revendications communes pour un même combat

27 Janvier 2021

Dans toutes les branches d’activité, dans le privé comme dans le public, les quelque 28 millions de salariés du pays sont confrontés aux licenciements, aux suppressions d’emplois, pour ceux qui ont un travail, que cela passe par des plans de licenciements collectifs ou par tout autre moyen.

Pour les millions de travailleurs précaires, en CDD, en intérim, en stage ou auto- entrepreneurs, tomber dans le chômage est encore plus rapide et brutal.

S’y ajoutent les centaines de milliers de jeunes qui arrivent sur le marché du travail, sans espoir d’en trouver un, du fait de ces suppressions d’emplois dans tous les secteurs. Dans la seule branche des emplois saisonniers de montagne, près de 150 000 travailleurs, jeunes pour beaucoup, se sont retrouvés brutalement privés de toute perspective.

Le patronat a développé son offensive non seulement en supprimant des emplois mais contre tous ceux qui en gardent un, en remettant en cause les conditions de travail ou de rémunération, en s’en prenant directement aux salaires.

Les travailleurs peuvent se sentir isolés, voire démunis face à ces attaques qu’ils subissent dans leur atelier, leur usine, leur bureau, et en position bien difficile quand ils décident malgré tout de réagir. La classe des travailleurs peut pourtant avoir une force irrésistible, si elle s’unit dans la lutte commune nécessaire pour garantir son droit à la vie.

Le 4 février, plusieurs syndicats appellent à une mobilisation interprofessionnelle. Le 23 janvier, d’autres ont appelé à une manifestation nationale à Paris pour l’interdiction des licenciements. Pour qu’une lutte commune se développe, pour répondre aux attentes de millions de travailleurs, des revendications communes doivent être mises en avant.

Pas un emploi ne doit être détruit et supprimé, et il faut répartir le travail entre tous sans perte de salaire. Une échelle mobile des heures de travail doit permettre, en travaillant moins, de travailler tous. Il faut une revalorisation générale des salaires et des pensions, et leur indexation sur la hausse réelle des prix. Enfin, il faut créer les millions d’emplois utiles qui manquent cruellement aujourd’hui, dans tous les services publics vitaux pour la population, en commençant par les centaines de milliers d’une urgence absolue pour les hôpitaux et les services de santé. Tout cela ne pourra devenir réalité que si tous les travailleurs entrent en lutte, et aussi s’ils se préparent, à tous les échelons, à exercer leur contrôle direct sur l’économie.

Paul SOREL