Complémentaires santé : toujours plus coûteuses

27 Janvier 2021

Une étude publiée la semaine dernière par l’UFC-Que Choisir dénonce l’augmentation de 4,3 % en moyenne des tarifs des complémentaires santé en ce début 2021.

Ces hausses s’ajoutent à celles des années précédentes : 4 % d’augmentation en 2019 et 5 % en 2020. Elles sont très variables d’une complémentaire à l’autre : certaines n’augmentent pas du tout leurs tarifs, quand d’autres vont jusqu’à 8,5 % d’augmentation. Pour un assuré sur cinq, cela représente un surcoût de plus de 200 euros annuels.

Les complémentaires ont fait des économies en 2020 car, du fait du Covid, elles ont eu moins de dépenses à rembourser, des hospitalisations, des consultations et des soins ayant été reportés. Mais le gouvernement en a profité pour les taxer de 1,5 milliard. Il leur impose aussi une nouvelle dépense, avec l’entrée en vigueur le 1er janvier d’une nouvelle étape de la réforme dite du « 100 % santé », qui permettra le remboursement à 100 % de nouvelles prothèses dentaires et d’aides auditives. Comme le gouvernement n’a pas prévu le financement de ce dispositif, la charge en reviendra aux complémentaires, qui répercutent ce coût sur les assurés.

Le véritable scandale est en fait qu’il n’existe pas de système de santé offrant un accès gratuit aux soins à tous, permettant de garantir ainsi un véritable droit à la santé. Au contraire, afin de pouvoir exonérer les patrons de leurs cotisations à la Sécurité sociale, tous les gouvernements ont cherché depuis des années à réduire les dépenses de santé, diminuant notamment les remboursements de médicaments. Aujourd’hui, le reste à charge moyen, après remboursement de la Sécurité sociale, est de 650 euros par an, et beaucoup plus pour les patients les plus malades, ou les plus âgés. Cette part non remboursée par la Sécurité sociale peut être en partie prise en charge par les complémentaires, mais ce sont les salariés qui la financent par leurs cotisations. Et quand ils ont affaire à des sociétés d’assurance comme Axa, Groupama et autres, ils paient aussi les dividendes versés aux actionnaires de ces entreprises, pour lesquels la santé est d’abord une source de profits.

Hélène COMTE