Sanofi : suppressions d’emplois en pleine pandémie

20 Janvier 2021

Lundi 18 janvier, en pleine crise sanitaire, l’annonce de la suppression au sein du laboratoire Sanofi de 400 emplois dans le secteur de la R&D (Recherche et Développement) a soulevé une juste indignation. Elle a aussi confirmé, s’il en était besoin, la vraie nature de cette industrie dite de la santé.

En juin 2020, en plein Covid déjà, alors que grâce à l’épidémie le chiffre d’affaires du premier trimestre avait déjà bondi de près de 7 %, Sanofi avait annoncé un plan de suppression de 1700 emplois en Europe, dont un millier en France. Dans un plan cyniquement baptisé « Play to win », c’est-à-dire « Jouer pour gagner » la direction avait informé de son projet de tailler dans les effectifs des fonctions support, de l’informatique, des sièges sociaux et de la recherche. 400 postes de recherche devraient donc être supprimés.

Ce n’est pas le premier plan qui affecte la recherche. Pour ne parler que des dix dernières années, en 2009, un plan de restructuration avait conduit à arrêter près de 40 % des recherches en cours. Puis d’autres plans ont suivi en 2012, en 2014, en 2017, avec à chaque fois des suppressions d’emplois. Des centres de recherche ont été fermés, d’autres vendus ou sont en passe de l’être.

Ce n’est bien évidemment pas que Sanofi aurait décidé de renoncer à mettre sur le marché de nouveaux médicaments. Mais, comme tous les gros industriels de la pharmacie, ceux qu’on appelle les Big pharma, Sanofi n’a que la rentabilité financière en ligne de mire.

À l’échelle de la planète, des milliers de petites entreprises de biotechnologie, des « biotechs » créées autour d’une petite équipe de chercheurs, font le travail, s’activent, cherchent dans différentes directions. Quand l’une d’entre elles trouve, obtient des résultats vendables sous la forme d’un brevet, quand donc elle met au point un traitement financièrement prometteur, alors une Big pharma la rachète.

Ainsi, dernière en date, le 11 janvier, Sanofi a annoncé le rachat de la société biopharmaceutique Kymab pour 1,1 milliard de dollars. Car, a déclaré le directeur de Sanofi, elle a développé un médicament qui « pourrait potentiellement être le premier de sa classe pour le traitement de diverses maladies auto-immunes et inflammatoires ». Voilà donc un médicament dit innovant qui échappera aux règles de la fixation des prix et qui promet un pactole !

Sophie GARGAN